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Des cellules de votre mère ont peut-être pénétré votre cerveau alors que vous n'étiez qu'un fœtus. Une nouvelle étude, publiée ce mois-ci dans la revue bioRxiv et relayée par New Scientist, suggère que des cellules maternelles peuvent traverser le placenta pendant la grossesse et s'installer dans le cerveau du futur bébé. Ces cellules, appelées «microchimériques», élisent durablement domicile dans notre matière grise et remplissent plusieurs fonctions.
Cette découverte montre que «chaque cerveau humain est probablement une mosaïque génétique provenant de plusieurs personnes», explique Hina Chaudhry, professeur à l'École de médecine Icahn du Mount Sinai, à New York. Ces cellules auraient un impact sur le développement des maladies auto-immunes. Elles jouent également un rôle dans la réparation des tissus.
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Les preuves que ces cellules atteignent le cerveau et s'y installent durablement existaient déjà. Cependant, l'ampleur du phénomène et son rôle restaient mystérieux. En cause: la difficulté de disposer d'échantillons de matière grise provenant à la fois de la mère et de l'enfant. De surcroît, les cellules microchimériques sont particulièrement difficiles à repérer. «En général, on en trouve une sur 100.000», détaille Sami Kanaan, chercheur au Fred Hutchinson Cancer Center, à Seattle.
Pour obtenir leurs résultats, l'équipe de chercheurs a analysé les séquences génétiques d'échantillons prélevés dans le cerveau de trente-sept enfants lors d'interventions chirurgicales pour traiter l'épilepsie. Ces séquences ont été comparées aux prélèvements salivaires de leurs mères.
Le séquençage ARN donne des résultats
Les chercheurs ont utilisé une technique de séquençage d'ARN à noyau unique pour identifier les arrangements génétiques. Grâce à un outil informatique baptisé Cellector, ils ont pu rechercher informatiquement des motifs dans les données. «C'était tout simplement magique. Collector modélise les données et indique: "Cette cellule ne correspond pas à ce modèle, il s'agit donc probablement d'une cellule étrangère"», se réjouit Sami Kanaan. L'équipe a ainsi détecté des cellules maternelles chez vingt-six des trente-sept enfants. Chaque échantillon présentait en moyenne 2,2 cellules microchimériques pour 100.000 cellules.
Ces cellules fonctionnent dans les neurones, dans la microglie (le système immunitaire du cerveau), dans les astrocytes (qui soutiennent les neurones) et dans les oligodendrocytes (qui créent la gaine protectrice autour des neurones). Les scientifiques ont également analysé des données issues d'études antérieures, portant sur une large variété d'individus: du fœtus de vingt-deux semaines aux retraités octogénaires.
Cette fois, les résultats ont montré que les cellules microchimériques sont présentes dans le cerveau, quel que soit l'âge. Leur nombre diminue toutefois avec le temps. Ce déclin serait dû à l'apoptose, un mécanisme naturel de mort cellulaire qui élimine les organismes les plus endommagés et vieillissants. Quant au microchimérisme, «il s'agit d'une caractéristique humaine largement répandue, qui apparaît dès le plus jeune âge et se poursuit tout au long de la vie, ce qui est absolument stupéfiant», conclut Sami Kanaan.





























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