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L’Autorité portuaire de Toronto « soutient entièrement » le premier ministre ontarien Doug Ford qui a indiqué, la semaine dernière, qu’il était ouvert à l’agrandissement de la piste de l’aéroport Billy Bishop, tout près du centre-ville, pour lui permettre d’accueillir des avions à réaction.
Dans une lettre envoyée le 4 mars au ministre des Transports de l’Ontario, Prabmeet Sarkaria, le président-directeur général de l’Autorité portuaire de Toronto, RJ Steenstra, indique qu’il a remarqué les récents propos du premier ministre.
Comme propriétaire et gérant de l’aéroport Billy Bishop, nous, l’Autorité portuaire de Toronto, [vous] écrivons pour affirmer que nous soutenons entièrement ce point de vue et sommes déterminés à travailler ensemble pour faire de cette vision une réalité.

Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, soutient l'agrandissement de la piste de l'aéroport Billy Bishop. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette
Le 26 février, dans une allocution au Toronto Region Board of Trade, le premier ministre Doug Ford a indiqué qu’on lui avait montré des sondages qui appuyaient l’agrandissement de la piste de l’aéroport Billy Bishop, qui se trouve sur une île en face du centre-ville.
C'est une mine d'or que d'avoir un aéroport au centre-ville.
Nous devons agrandir cette piste. Nous devons faire venir des avions à réaction, des petits, n’importe quoi, pour que les gens puissent monter à bord, a dit M. Ford, qui a vivement été applaudi par son auditoire.

L'aéroport Billy Bishop se trouve sur une île, en face du centre-ville de Toronto.
Photo : Radio-Canada / Patrick Morrell
La piste actuelle mesure un peu plus d’un kilomètre. Cela fait en sorte que l’aéroport ne peut accueillir que des avions-turbopropulseurs, des hélicoptères ou encore des jets privés, explique le chargé de cours en aviation à l’Université McGill, John Gradek.
Pour qu’il puisse accueillir des avions à réaction, la piste devrait être allongée d’au moins 500 pieds, poursuit-il.
Dans sa lettre, RJ Steenstra souligne que la modernisation de l’aéroport permettrait d’offrir plus de vols directs à destination de presque partout au Canada.
De nouvelles liaisons directes [seraient] également possibles à travers l’Amérique du Nord et le nord des Caraïbes, notamment vers des destinations populaires telles que Los Angeles, Miami, Nassau, Cancun et Montego Bay, écrit-il.
Des réticences chez les Torontois
Au centre-ville et sur les îles de Toronto, l’idée ne fait toutefois pas l’unanimité chez les résidents.
J’aime bien l’idée de ne pas devoir me rendre à l’aéroport Pearson lorsque je voyage vers l’étranger. Ce serait plus pratique, indique Andrew Hewlett.
Diane Jameson, qui habite tout près du lac Ontario, trouve toutefois que le trafic aérien vers l’aéroport Billy Bishop cause déjà beaucoup de bruit.
On doit arrêter de parler quand les avions passent. On ne peut pas entendre la musique, note-t-elle.
Élargir la piste pour être en mesure d’accueillir des avions à réaction n’a pas de sens.
La Torontoise Valérie Michaud est du même avis.
Il faut écouter les gens qui habitent sur l’île qui disent depuis plusieurs années qu’ils ne veulent pas d’agrandissement [de l’aéroport] et que [le trafic aérien] fait trop de bruit et cause beaucoup de perturbations, souligne-t-elle.
Des consultations exhaustives nécessaires, dit Ottawa
Le fonctionnement de l’aéroport est régi par une entente entre les trois ordres de gouvernement. Ces derniers doivent donc tous donner leur approbation pour que les travaux d’agrandissement de la piste puissent aller de l’avant.
De telles décisions nécessiteront [...] des consultations exhaustives avec les principales parties prenantes, les communautés touchées et les groupes autochtones, indique Transports Canada dans une déclaration transmise à Radio-Canada.
Pour sa part, la Ville de Toronto dit continuer de collaborer avec tous ses partenaires afin de soutenir un secteur riverain dynamique et durable, et veillera à ce que les discussions futures concernant l’aéroport Billy Bishop de Toronto soient conformes à cet objectif.
En 2013, la Ville avait évalué une proposition du transporteur Porter Airlines, qui voulait amener des avions à réaction à l’aéroport Billy Bishop. Le projet est toutefois tombé à l’eau deux ans plus tard, après que le gouvernement du Justin Trudeau eut indiqué qu’il ne comptait pas appuyer un tel projet.
Beaucoup de travaux seraient à prévoir, selon un expert
Même si le projet allait de l’avant, l’agrandissement d’un aéroport qui se trouve sur une île serait loin d’être simple, selon John Gradek.
On ferait l’extension physique de l’île. On mettrait de la terre, une infrastructure assez intensive dans les eaux pour donner un profil assez large pour que les jets commerciaux puissent atterrir, explique-t-il.

John Gradek est chargé d’enseignement au programme d’aviation à l’Université McGill, à Montréal. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Martin Brunette
Pour se rendre à l’aéroport, les passagers peuvent en ce moment prendre un traversier ou emprunter un tunnel à la marche.
L’arrivée d’avions à réaction à l’aéroport augmenterait considérablement le nombre de passagers qui s’y rendent, souligne M. Gradek.
On pourrait devoir augmenter la capacité du tunnel ou en construire un autre, affirme l’expert.


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