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Des restes humains dispersés, des traces de coupures sur les os, les vestiges d'une ancienne vie qui semble s'être arrêtée brusquement. Tout, sur le site de la villa romaine de Brading, rappelle une scène de crime. Situé sur l'île de Wight, au sud de la Grande-Bretagne, le lieu est connu depuis la fin du XIXᵉ siècle. Une analyse approfondie des éléments trouvés par les archéologues laisse désormais penser que l'endroit a pu être le théâtre d'un massacre, rapporte le magazine Popular Mechanics.
En 1880, la villa de Brading est fouillée pour la première fois. Les nombreuses mosaïques à l'effigie de personnages issus de la mythologie gréco-romaine tels que Bacchus, dieu du vin, Méduse ou encore Orphée, impressionnent les archéologues. Toutefois, un détail a retenu leur attention: des ossements humains jonchaient les sols luxueux, venant assombrir le tableau idyllique de cette demeure surplombant la baie. Dans les années 2000, d'autres restes ont été exhumés: ceux de quatre adultes et d'un bébé, ainsi que le squelette d'un adolescent découvert, lui, au fond d'un puits.
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La première hypothèse avancée a été celle d'une attaque commise par les pirates qui parcouraient la Manche. Faute de preuve, les archéologues ont alors imaginé une autre piste: une riposte menée par un empereur romain. Michael Fulford, professeur d'archéologie à l'université de Reading, en Angleterre, a dirigé une étude publiée en juillet dans la revue Britannia. Il y évoque un «événement potentiellement meurtrier survenu dans les années 340 ou 350» qui aurait entraîné une réorganisation complète de la vie à la villa.
Un programme de datation au radiocarbone, une technique qui permet de mesurer l'âge de la matière organique, a été lancé sur les os prélevés. Les résultats ont permis de conclure que ces décès ont eu lieu entre les années 240 et 400, pendant la période de l'occupation romaine de la Grande-Bretagne.
Une révolte, puis la répression
Pour affiner la chronologie, les spécialistes se sont intéressés aux monnaies trouvées sur le site archéologique. Aucune des quatre-vingt-dix pièces n'est issue des années 330 à 348 après J.-C. Pourtant, la chronologie établie à partir des ossements par les chercheurs montre que c'est à cette période que le massacre a eu lieu.
Pour tenter d'expliquer l'anomalie des ossements et des pièces de monnaie, Michael Fulford s'est penché sur l'hypothèse du meurtre. Des marques de coupures ont été relevées sur plusieurs os. Reste à savoir quel épisode violent aurait pu provoquer cette tragédie. En 350, Magnence, un usurpateur du titre impérial, s'est emparé du pouvoir dans une partie de l'empire. Des combats ont eu lieu avec l'empereur Constance II. La victoire de ce dernier a été suivie d'une vaste campagne de répression contre les soutiens de Magnence. Cette opération punitive a été rythmée par des meurtres, de la torture et des confiscations de propriété.
Les chercheurs estiment que le propriétaire de la villa aurait pu être soupçonné de complicité avec Magnence. «Ces événements pourraient bien être liés à un changement significatif du statut de la villa: son propriétaire aurait été tué ou dépossédé, et la gestion du domaine confiée à un bailli», écrivent les auteurs de l'étude.





























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