Selon des modélisations publiées jeudi par l'Institut national du cancer, le dépistage du cancer du sein en France a des bénéfices notables et des risques "limités". La France a instauré depuis 2004 un programme de dépistage organisé du cancer du sein, avec des examens recommandés tous les deux ans aux femmes de 50-74 ans
Plusieurs dizaines de milliers de vies sauvées, des cancers détectés plus tôt et moins souvent de mauvais pronostic : le dépistage du cancer du sein en France a des bénéfices notables et des risques "limités", selon des modélisations publiées jeudi par l'Institut national du cancer.
La France a instauré depuis 2004 un programme de dépistage organisé du cancer du sein, avec des examens recommandés tous les deux ans aux femmes de 50-74 ans sans symptômes ni facteurs de risque particuliers et pris en charge par la Sécurité sociale. Sur prescription, des dépistages individuels sont aussi possibles.
23.000 décès auraient été évités entre 2004 et 2018
Moins de la moitié des femmes éligibles (environ 46%) participent au dépistage organisé, et environ 14% font un dépistage individuel. Pour évaluer l'impact global du dépistage en France, l'Institut national du cancer (Inca), coordonnateur du plan anti-cancer 2021-2030, a fait une étude de modélisation, aux résultats dévoilés en amont du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes.
Le dispositif combinant dépistage organisé et individuel permettrait de "réduire d'environ 20% la mortalité liée au cancer du sein" à l'horizon d'une vie entière, un ordre de grandeur comparable à celui rapporté dans de grandes études internationales, selon ses résultats.
Parmi les femmes éligibles au dépistage organisé, 23.000 décès auraient été évités entre 2004 et 2018 en comparaison de l'absence de dépistage, au vu de cette modélisation. A plus long terme, environ 84.000 décès devraient être évités entre 2004 et 2043 et près de 95.000 sur 2004-2054, détaille l'Inca.
Une diminution de 40% du risque de décès
A un niveau individuel, l'étude suggère que plus le dépistage démarre tôt dans la tranche d'âge recommandée, plus la diminution du risque est importante. Une femme débutant le dépistage à 50 ans et faisant un dépistage tous les deux ans peut espérer voir son risque de décès par cancer du sein diminuer de 40% environ sur sa vie entière, estime l'étude, contre une baisse d'environ 30% en démarrant à 60 ans et de 20% en commençant à 70 ans.
Les mammographies sont cependant associées à certains risques, relève l'Inca, tout en les jugeant "limités au regard des bénéfices". Le surdiagnostic de cancers qui n'auraient pas ou peu évolué, ni menacé la vie de la patiente, est estimé à environ 8%, selon l'étude. Et environ 22 décès sur 100.000 femmes participant au dépistage organisé pourraient être liés à des cancers radio-induits par l'exposition aux rayons X, "chiffre à mettre en regard des décès évités", note l'institut.


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