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Le match était 3-3 après 40 minutes, mais les Canucks de Vancouver n’avaient pas d’affaire dans cette rencontre.
Ils avaient bénéficié de quelques largesses du Canadien – entre autres de deux erreurs flagrantes d’Arber Xhekaj en deuxième période, sur qui on a peut-être jeté un sort en vantant les progrès dernièrement.
Mais la façon dont les deux premiers trios du Canadien contrôlaient la rondelle donnait une bonne idée de la domination qui avait cours sur la glace du Centre Bell.
Le CH a enregistré 40 tirs sur le filet adverse pour la première fois de la saison, et ce n’est pas un hasard : il s’est fabriqué plusieurs chances juteuses, et au-delà de celles qu’il a converties dans sa victoire de 6-3, il en a laissé un bon nombre en suspens.
Dans ce genre de match où un adversaire dominé marque le premier but, où tant d’occasions ne se transforment pas en but, et où l’équipe en contrôle semble incapable de se détacher, l’impatience ou la frustration peuvent s’installer. Combien de fois avons-nous vu cela?
Pas en ce lundi soir floconneux, en tout cas.
C’était important de rester patient et de ne pas faire l’erreur de croire que juste parce que c’était 3-3, il fallait changer des choses, a mentionné le défenseur Mike Matheson, qui a marqué le but gagnant dans les premières secondes de la troisième période.
Ça allait finir par arriver à un moment donné.
Ce qu’il faut retenir de cette victoire du Canadien, c’est que la patience et la persistance sont d’abord et avant tout venues du trio des jeunes, celui que forment Juraj Slafkovsky, Ivan Demidov et Oliver Kapanen.
Quand Slaf est venu marquer le but d’assurance, 38 secondes après celui de Matheson, et que Kapanen a cloué le cercueil des Canucks cinq minutes plus tard, leur trio avait déjà passé la soirée à persécuter les pauvres Canucks. Ils se sont simplement assurés de terminer le travail plutôt que de baisser les bras en se disant ah, c’est une de ces soirées.
C’est un excellent présage pour l’avenir du Tricolore si ses prochains fers de lance, ceux qui viennent dans le sillon de Suzuki et Caufield, ont déjà appris à ne pas tomber dans le panneau et à demeurer à la tâche comme ils l’ont fait contre les Canucks.
Demidov a atteint un rare niveau
Kapanen est un bon compagnon pour Demidov et Slafkovsky, dans la mesure où il a le don de marauder dans les zones moins couvertes, qu’il est toujours dans l’enclave et toujours disponible.
Il aurait pu en marquer cinq aujourd’hui, a dit Slaf avec beaucoup d’à-propos.
C’est que Kapanen était continuellement alimenté par un Demidov en pleine possession de ses moyens.
En matinée, Martin St-Louis avait vanté le niveau de responsabilité qu’affiche la recrue russe sans la rondelle. En s’occupant des éléments défensifs non négociables qu’attend son entraîneur-chef, Demidov obtient plus de latitude pour travailler à son aise en attaque.
À partir de là, tu peux prendre un pas de recul, parce que ces gars-là ont cette faculté de se coacher eux-mêmes, de se corriger eux-mêmes au fur et à mesure, expliquait St-Louis en matinée.
Demi est à un niveau qui est rare pour cet âge-là et il est en mesure de s’exprimer sur la glace parce qu’il répond aux autres trucs qui sont non négociables.
Mais face aux Canucks, il n’a guère eu besoin de s’affirmer défensivement pour mieux générer de l’attaque. Ses compagnons de trio et lui ont eu possession du disque tout au long de la soirée.
Au final, Demidov a eu le deuxième match de trois points de sa carrière. Il avait réussi son premier le 25 octobre dernier… à Vancouver.
Nous sommes pareils; il veut faire la différence, il veut marquer le but de plus, ou le but qui va nous donner un élan, a décrit Slafkovsky. Je sens qu’on a plusieurs joueurs comme ça dans ce vestiaire, et ça peut juste être une bonne chose.
Dans le dernier mois, Demidov a vraiment pris le contrôle des opérations au plan offensif et semble vouloir prendre ses distances des autres recrues de la LNH.
Il reste évidemment beaucoup de hockey à jouer, mais plutôt que de frapper un mur, Demidov ne fait que s’améliorer à mesure que la saison avance.
Quant à Slafkovsky, il a récolté 17 points à 5 contre 5 au cours des 17 derniers matchs, soit depuis qu’il a été jumelé pour de bon aux deux recrues.
Même si le patron de jeu le plus fréquent est de voir Demidov qui rejoint Kapanen de brillante façon pour permettre à ce dernier de marquer, les jeux commencent la plupart du temps avec Slafkovsky qui gère l’entrée de zone et qui attaque un peu comme le ferait un joueur de centre.
Leur chimie est indéniable.
Quand tu repêches un joueur comme lui, tu travailles pour en arriver à ce qu’on voit aujourd’hui, mais tu ne sais pas combien de temps ça va prendre. Le but est d’essayer d’en arriver là, et ce qu’on voit cette année, c’est une très belle progression.
Le joueur le plus âgé sur ce trio a 22 ans.
Le Canadien est mort de rire.

Le défenseur du Canadien Noah Dobson a été promu sur la première unité d'avantage numérique, lundi, et cela a vite payé.
Photo : Reuters / Eric Bolte
Dobson à la place de Hutson sur la première unité
Les défenseurs du Canadien ont marqué les quatre premiers buts de l’équipe face aux Canucks, ce qui a permis à la brigade défensive de reprendre le deuxième rang de la LNH pour ce qui est de la production offensive issue de la ligne bleue.
De ces quatre buts, on retiendra celui de Noah Dobson, que St-Louis avait placé à la pointe en avantage numérique à la place de Lane Hutson. Une formation qui s’expliquait entre autres par la façon dont les Canucks défendent en infériorité, a mentionné St-Louis.
À cela, on peut ajouter l’hypothèse que le CH, empêtré dans une léthargie de deux buts en 25 supériorités numériques, voulait changer la donne en intégrant des joueurs dont la mentalité est de tirer davantage au filet.
Mais surtout, St-Louis a avoué que cette composition, que l’on risque de revoir mardi soir face aux Capitals à Washington, était partie intégrante d’un jeu du chat et de la souris qui a cours à cette période du calendrier.
Les adversaires ont vu tous nos patrons de jeux jusqu’à maintenant. Est-ce qu’on peut leur lancer une balle courbe de temps en temps pour les déjouer, a demandé St-Louis de façon rhétorique. Si on le fait dès notre première supériorité, on peut peut-être les prendre hors d’équilibre parce qu’on arrive avec une structure différente.
Le Canadien n’a bénéficié d’aucun autre avantage numérique, mais il s’est appliqué durant toute la soirée à créer plus de circulation dans l’enclave qu’il ne l’avait fait face aux Red Wings de Detroit samedi et à demander à ses défenseurs de toucher leur filet avec leurs lancers.
Avec quatre buts à leur fiche, ils doivent être contents de leur récolte.
Alexandre Carrier a fait sa large part en faisant mouche deux fois en l’espace de 20 secondes en deuxième période. Dans l’histoire du Canadien, il n’y a que Larry Robinson qui a marqué deux buts plus rapides parmi les défenseurs de l’équipe.
Il en avait inscrit deux en l’espace de 19 secondes lors d’un match en 1980.
Être à une seconde de Larry Robinson, je vais le prendre, a lâché Carrier, qui a reçu les moqueries de son entraîneur. St-Louis lui a en effet dit en boutade qu’une seule présence sur la glace lui avait permis d’aller chercher la première étoile du match.
Dobes face à un possible renvoi
Un collègue a demandé au gardien Jakub Dobes après le match comment il réagirait s’il devait être cédé au Rocket de Laval. Le gardien tchèque s’est rebiffé, on s’en doute, lui qui affiche un dossier de 3-0-1 à ses quatre derniers départs.
Invité à commenter, St-Louis n’était pas impressionné que quelqu’un ait amené Dobes sur ce terrain-là quelques minutes après une victoire.
Or, selon toute vraisemblance, la rotation à trois gardiens ne devrait pas durer longtemps et la direction de l’équipe aura des décisions à prendre plus tôt que tard.
Dobes n’a ni été mauvais ni renversant. Il a juste gagné. Même s’il semble le plus vulnérable des trois gardiens si l’équipe choisit d’en céder un gardien à la Ligue américaine, Dobes sera en droit de se demander ce qu’il a fait pour mériter pareille rétrogradation.
En attendant, Dobes l’admet : il y a de la pression pour un gardien dans la LNH.
Je n’ai pas de filet de sûreté en dessous de moi, a-t-il décrit candidement. Tous les jours j’essaie de survivre. Ça a été mon histoire depuis que je suis arrivé dans la Ligue nationale.
Cette histoire-là n’est pas terminée.


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