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Delphine Ernotte dément les accusations de Patrick Sébastien et Jacques Cardoze devant les députés

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Médias 08/04/2026 18:30 Actualisé le 08/04/2026 20:56

La patronne de France TV a profité de son audition, la dernière de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public à l’Assemblée nationale, pour faire le point.

Par Albane Guichard et Valentin Etancelin

« L’audiovisuel public est un combat permanent. » C’est ce que Delphine Ernotte a rappelé, ce mercredi 8 avril, devant les députés à l’occasion d’une nouvelle audition, la dernière dans le cadre de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public. Le moment opportun, aussi, pour revenir sur les accusations portées contre elle depuis les débuts, en novembre.

« Je n’ai absolument aucune espèce de tolérance, de quel ordre que ce soit, pour les pratiques de harcèlement, sexuel ou moral, ou toute dérive contraire à la loi. J’ai d’ailleurs été souvent accusée d’avoir licencié des salariés qui s’étaient rendus coupables de tels agissements », a déclaré la PDG de France Télévisions.

Sans nommer personne, l’ancien journaliste de Complément d’enquête Jacques Cardoze, aujourd’hui plus habitué aux plateaux de Cyril Hanouna, a déclaré devant ces mêmes députés à la fin du mois de mars que « ceux qui sont partis avec le plus d’indemnités à France Télévisions sont ceux qui ont des grosses casseroles de déviance sexuelle ».

« Les bras m’en tombent »

Delphine Ernotte, elle, se pose une question. « M. Cardoze a été un cadre de France TV pendant longtemps. […] La dernière fois que je l’ai vu, c’était le jour où il avait décidé de quitter la maison. Il est venu dans mon bureau pour me dire à quel point il me remerciait pour toutes ces années magnifiques », se souvient-elle.

Avant de se demander pourquoi le journaliste n’a pas lui-même signalé de « comportement grave » quand il était encore à France télé : « C’est sa responsabilité. C’est la responsabilité de tous dans l’entreprise de signaler ce genre de comportements contraires à la loi. […] Les bras m’en tombent. »

Puis, elle est revenue sur d’autres accusations, celles portées par Patrick Sébastien, selon qui une pratique dans l’entreprise voudrait qu’on accepte des « cadeaux » de la part de sociétés privés pour obtenir des marchés en échange.

Une déontologie « stricte et ferme »

« Nous avons – et ça fait maintenant de longues années au sein de France TV – mis l’entreprise en totale conformité avec la loi Sapin 2 (un texte qui renforce les obligations des entreprises dans la lutte contre la corruption, ndlr). […] Je ne vais pas épiloguer là-dessus, mais juste relever le satisfecit de la Cour des comptes » sur la déontologie du groupe, prévient-elle.

Outre la présence d’une déontologue pour s’en assurer, « il n’est pas possible au sein de France TV de faire des cadeaux contre je-ne-sais-trop-quoi. Tous les cadeaux doivent être signalés, ils sont dûment répertoriés. Tous les conflits d’intérêts sont signalés », rajoute Delphine Ernotte, selon qui la déontologie est « stricte et ferme ».

Après une première audition en décembre, Delphine Ernotte s’est pliée pour la seconde fois à l’exercice des questions des députés, notamment celles du rapporteur ciottiste Charles Alloncle, qui a concentré les critiques pour ses méthodes qualifiées d’« inquisitoriales », même s’il s’est taillé un franc succès chez les pourfendeurs de l’audiovisuel public.

Quid du rapport ?

Il s’agissait de la dernière des 67 auditions, qui ont vu défiler 234 protagonistes, parmi lesquels les noms cités plus haut, mais aussi des figures actuelles du service public, comme Léa Salamé et Nagui, ou des grands patrons d’entreprises collaboratrices, comme Xavier Niel et Matthieu Pigasse de Mediawan.

Les travaux de la commission d’enquête ont été marqués par de nombreux incidents et ont souvent tourné au dialogue de sourds entre le rapporteur et ses interlocuteurs, qui lui ont reproché des questions biaisées ou le fait de ne pas écouter les réponses.

Si cette dernière séance n’a pas dérogé à la règle, Charles Alloncle a pour sa part une quinzaine de jours pour rédiger ses conclusions, et formuler ses propositions d’évolutions, notamment législatives. Aux 31 parlementaires qui composent la commission de voter ensuite pour ou contre la publication du rapport.

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