En pleine haute saison, les incendies en Gironde et dans les Landes paralysent une partie de l’activité touristique, tandis que le gouvernement tente de limiter les conséquences économiques pour les entreprises du secteur.

Delphine Bancaud - Aujourd'hui à 06:00 - Temps de lecture :

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Des hôtels, bars, restaurants, discothèques et campings à l’arrêt. Alors que la saison touristique s’annonçait prometteuse, avec une hausse de 1 à 5 % des réservations en France, les incendies ont brutalement douché les espoirs des professionnels implantés dans les zones sinistrées de Gironde et des Landes. Depuis le 22 juillet, plus de 220 000 personnes, parmi lesquelles de nombreux vacanciers, ont été évacuées de plusieurs communes de Gironde, notamment de stations balnéaires très prisées comme Lège-Cap-Ferret. Mardi, environ 4 000 touristes ont encore été évacués des hébergements touristiques de Lacanau.

Impossible pour l’heure de chiffrer les annulations et le manque à gagner pour les acteurs du tourisme dans ces départements, a indiqué mardi le cabinet du ministre du Commerce et du Tourisme, Serge Papin. Mais lundi, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a précisé que plus de 13 000 entreprises avaient été évacuées en Gironde et ne « pouvaient pas, évidemment, mener leur activité normale ». Bercy estime également qu’environ 130 000 salariés sont aujourd’hui empêchés de travailler en raison des incendies.

Le chômage partiel pour amortir le choc

L’enjeu économique est considérable. En Gironde, le tourisme représente 7 % du PIB départemental, plus de 40 000 emplois et 3,2 milliards d’euros de retombées économiques directes. Dans les Landes, il pèse également 7 % du PIB, avec plus de 14 500 emplois et 2,1 milliards d’euros de retombées économiques.

Pour soutenir les entreprises touchées, le gouvernement a annoncé la possibilité de recourir au chômage partiel. Le dispositif concerne les entreprises situées dans les zones sinistrées, celles dont les salariés ne peuvent plus rejoindre leur lieu de travail en raison des circonstances, ainsi que les entreprises confrontées à une forte baisse d’activité par rapport à l’an dernier en raison des incendies. Les demandes pourront être déposées jusqu’à un mois après le sinistre et la durée de prise en charge sera examinée au cas par cas, précise le cabinet de Serge Papin. Les travailleurs saisonniers ayant déjà commencé leur contrat pourront bénéficier du chômage partiel. En revanche, ceux dont le contrat n’avait pas encore commencé ne seront pas éligibles au dispositif. Une réunion est prévue jeudi à Bercy afin d’apporter « des réponses plus précises » aux préoccupations des entreprises affectées par les incendies.

Autre impératif pour le gouvernement : éviter que toutes les communes de Gironde, même celles qui sont très loin des zones sinistrées, soient boudées par les touristes. Dimanche, la préfète de Gironde, Sophie Brocas, avait appelé les touristes à « ne pas venir, ne pas rejoindre la Gironde ». Un message qui a suscité des inquiétudes chez les professionnels du secteur. L’entourage de Serge Papin a tenu à nuancer ces propos mardi : « Évidemment, on ne va pas dans les zones touchées par les incendies, qui sont clairement délimitées », mais des territoires comme le Médoc ou le Libournais « sont totalement visitables ». Une réserve demeure toutefois : l’arrêté préfectoral interdisant les colonies de vacances et les séjours adaptés sur l’ensemble du département reste en vigueur.

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