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Après un été marqué par des canicules et une sécheresse inédites, le gouvernement a tenté, vendredi, de répondre à la détresse du monde agricole. Outre les aides d’urgence, chiffrées à plus d’un milliard d’euros, l’exécutif a esquissé un plan de transformation destiné à adapter les exploitations au changement climatique. Un chantier de long terme qui devra trouver sa place dans un budget 2027, sous forte contrainte.
Martin Rigaud-Pezzoni - Aujourd'hui à 18:02 - Temps de lecture :
Plus d’un milliard d’euros pour passer l’hiver, mais combien pour préparer les étés suivants ? Face à l’urgence d’un monde agricole sinistré par les canicules, la sécheresse et les incendies, le gouvernement se devait de rapidement sortir la perfusion, dévoilant ce vendredi un plan d’aide à plus d’un milliard d’euros. Présenté par la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, comme un ensemble de mesures « de soutien et de sauvetage pour passer l’hiver », financées quasi-immédiatement grâce à des « économies nouvelles » dans le budget 2026, notamment des gels et annulations de crédits, ce coup de pouce sera suivi d’un plan « de relance » pour 2027.
Ce second volet – dont les grandes lignes doivent encore être affinées, mais qui « lui aussi sera massif », d’après la ministre – entend engager la conversion profonde de l’appareil de production agricole. Avec un objectif : préparer les agriculteurs à un avenir qui s’annonce tout aussi éprouvant que l’été 2026. « Car si nous perdons structurellement en potentiel productif, nous perdrons des paysages, des parts de marché, de la souveraineté, des produits de qualité », alerte Annie Genevard, depuis la rue de Varenne, à Paris.
Après l’urgence, changer de modèle
Après la loi d’urgence agricole, définitivement adoptée cet été et vivement décriée, ce plan de relance doit permettre d’accompagner les exploitants qui font évoluer leur modèle, par exemple en abandonnant une culture devenue trop vulnérable pour une production mieux adaptée au climat futur. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, entend notamment inclure prochainement un mécanisme de « suramortissement fiscal pour les projets d’avenir agricole » – comprendre un cadeau fiscal en cas de bonnes pratiques –, mais aussi des mesures destinées à soutenir les investissements hydrauliques, l’adaptation au changement climatique et la compétitivité des filières. Le gouvernement compte également prolonger ou étendre des dispositifs existants, comme le Plan Méditerranée, ou poursuivre les programmes de réduction des pesticides et de recherche d’alternatives.
Mais contrairement aux mesures d’urgence, ce plan de relance devra se frayer une place dans le budget 2027, qui s’annonce périlleux à faire adopter par un Parlement divisé. Sans budget, pas de plan de sauvegarde, a déjà averti Sébastien Lecornu, renvoyant les parlementaires à leur « responsabilité » pour « donner un budget à la Nation ». Une manière de battre le fer tant qu’il est chaud, en faisant de l’agriculture l’un des leviers pour arracher le vote du projet de loi de finances – et éviter la censure. « Il faut un budget à la France pour l’Agriculture, mais pas que », a enfoncé Annie Genevard, vendredi.
Les concertations sur le futur plan de relance doivent débuter la semaine prochaine avec les organisations professionnelles et le chef du gouvernement. À commencer par le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, et celui des Jeunes Agriculteurs, Jocelyn Dubost – tous deux mécontents de mesures qu’ils jugent insuffisantes –, qui rencontreront Sébastien Lecornu respectivement les 8 et 14 septembre.


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