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La Ville de Dryden, dans le Nord-Ouest de l’Ontario, souhaite ralentir le déploiement du projet de dépôt géologique en profondeur (DGP). Pour ce faire, elle demande au Bureau des grands projets du Canada de ne pas lui accorder le statut de « projet d’intérêt national ».
Évalué à 26 milliards de dollars, ce mégaprojet est piloté par la Société de gestion des déchets nucléaires (SGDN).
S’il reçoit le feu vert, les combustibles nucléaires usés du pays seront enfouis à des centaines de mètres sous terre, près d’Ignace et de la Première Nation de Wabigoon Lake.
Le gouvernement fédéral a évoqué cette désignation accélérée pour la première fois en juin, avant de publier un avis officiel dans la Gazette du Canada le 19 septembre.
En vertu de la Loi visant à bâtir le Canada, les projets reconnus d’intérêt national peuvent bénéficier de processus d’approbation fédérale simplifiés.
Les craintes de la municipalité
Nous négocions avec la SGDN depuis plusieurs années pour évaluer les retombées positives et négatives de ce projet, explique le maire de Dryden, Jack Harrison.
Avant que le dossier ne progresse, surtout à un rythme accéléré, nous voulons nous assurer que nos préoccupations seront prises en compte.
Puisque le canton de Dryden est appelé à devenir le principal carrefour de services régional du DGP, M. Harrison estime que la SGDN doit la traiter comme un partenaire incontournable.
Nous leur demandons de ne pas précipiter les choses. Il faut s’assurer que tout est en place pour éviter que notre communauté ne subisse des contrecoups, insiste-t-il.
Par courriel, le Bureau des grands projets du Canada a réaffirmé l’importance de collaborer avec les provinces, les communautés autochtones et les municipalités.

Jack Harrison est le maire de Dryden, dans le Nord-Ouest de l'Ontario. (Photo d'archives)
Photo : Avec la permission de Jack Harrison
Selon l’organisme, cette démarche garantit que les populations locales peuvent exprimer et régler leurs inquiétudes, notamment en matière de logement, de soins de santé, d’infrastructures et de services sociaux.
Le public a d’ailleurs jusqu’au 26 octobre pour se prononcer sur la désignation potentielle du DGP.
Une évaluation d’impact indépendante
Bien que Dryden ait déjà transmis sa propre analyse interne à la SGDN, le maire Harrison regrette que celle-ci en ait rejeté les conclusions.
La municipalité a donc mandaté le cabinet Deloitte LLP pour réaliser une évaluation d’impact régionale indépendante, une étude facturée près de 600 000 $ que le maire souhaite voir prise en charge par la SGDN.
De son côté, le responsable des communications régionales et autochtones de la SGDN, Vince Ponka, a tenu à clarifier la situation par courriel.
En début d’année, nous étions en négociation avec Dryden pour conclure un accord à long terme. C’est la municipalité qui a demandé de suspendre les discussions en juin 2026. Nous respectons leur décision et espérons pouvoir poursuivre ce dialogue de bonne foi, a-t-il expliqué.
Le projet de dépôt géologique en profondeur doit encore franchir plusieurs étapes cruciales : une évaluation d’impact fédérale, un processus de certification de la Commission canadienne de sûreté nucléaire, ainsi qu’une évaluation réglementaire et une approbation parallèles menées par la Première Nation de Wabigoon Lake.
Avec les informations de Sarah Law


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