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Figure émérite et respectée du monde des affaires québécois, mais aussi mécène et frère de premier ministre, Robert Parizeau est décédé à l’âge de 90 ans.
Atteint d’une infection généralisée, il est mort à l’Hôpital général de Montréal, mardi soir.
« Ç’a été très très soudain, a dit sa fille aînée, la philosophe Marie-Hélène Parizeau, en entrevue au Devoir jeudi. Il revenait de deux semaines de voyage à Paris. Le voyage avait été formidable et s’était super bien passé. »
Fils de Gérard Parizeau, un professeur émérite de HEC Montréal et pionnier du monde de l’assurance québécois, et frère de l’ancien premier ministre québécois, Jacques Parizeau, Robert s’est d’abord démarqué dans le monde de l’assurance auquel il a consacré une quarantaine d’années, dont 25 à la tête de Sodarcan, un fleuron québécois dans le domaine de l’assurance, la réassurance et l’actuariat-conseil.
Beaucoup plus discret que son frère, mais non moins investi dans le développement économique du Québec et animé par les principes de bonne gouvernance, il sera aussi invité à se joindre aux conseils d’administration de plusieurs entreprises.
« C’était un homme très grand, très affable, diplomate, très attentif et à l’écoute des gens, dit sa fille. Mais, en même temps, c’était un Parizeau. [C’est-à-dire] un homme de caractère, de principes. L’indépendance économique et politique du Québec lui tenait très à cœur. »
Chez les Parizeau, il a toujours été clair que le politicien au-devant de la scène publique allait être Jacques, et que Robert allait jouer un rôle plus en retrait, dit sa fille. « C’était comme une entente tacite entre les deux. Mon père était très à l’aise dans ce rôle-là. C’était dans son tempérament. Et c’était mieux aussi pour quelqu’un, comme lui, qui était dans le monde des affaires. »
Les deux frères
Après le décès de Jacques Parizeau, en 2015, son frère n’économisera ni son temps ni son énergie afin d’entretenir sa mémoire et son héritage.
« Je suis bouleversée », a dit du décès de Robert Parizeau au Devoir la veuve de son frère, Lisette Lapointe. « C’est comme si je perdais Jacques une seconde fois. Les deux avaient des qualités assez semblables, mais des personnalités différentes. On était très proche et c’était très important pour lui qu’on travaille à la commémoration de Jacques. »
« C’était un homme absolument exceptionnel : généreux, attentionné, joyeux, aimant la vie et sa famille… Toujours aux services des autres », ajoute Mme Lapointe.
C’est à lui que le Fonds de solidarité FTQ avait fait appel, au lendemain des scandales révélés à la Commission Charbonneau, pour l’aider à assainir et moderniser sa gouvernance, à titre de président de son conseil d’administration de 2014 à 2018, puis comme membre de son comité d’éthique jusqu’à tout récemment.
« Ç’a été mon mentor et celui de bien des gens au Québec, dit l’ancien président de la FTQ, Daniel Boyer, qui avait été si impressionné par son travail, son écoute et son talent de rassembleur qu’il a aidé à ce qu’on lui décerne l’Ordre du Québec. « Je ne pense pas que les Québécois se rendent compte du grand homme qu’on vient de perdre. »
Amoureux des arts et de sa femme
C’est la femme de Robert Parizeau, Monique, une artiste qui s’est consacrée à la gravure et l’estampe, qui l’a poussé à aller plus loin dans son amour des arts. Leur Fondation Monique et Robert Parizeau s’impliquera, entre autres, auprès du Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ), le Musée d’art de Joliette ainsi que de plusieurs artistes. Sa complice et partenaire de vie pendant 65 ans était décédée en 2024.
Pour décrire le personnage et sa relation avec sa femme, plusieurs des personnes contactées par Le Devoir ont raconté la même anecdote liée aux jours les plus sombres de la pandémie. Comme des troubles cognitifs avaient amené sa conjointe à vivre en CHSLD et que les règles sanitaires allaient l’empêcher de continuer de lui rendre quotidiennement visite, il a choisi de s’y louer une chambre afin de pouvoir s’y confiner à ses côtés pendant presque deux ans.
« Robert Parizeau était un administrateur vraiment de très haut vol et de très très bon conseil », dit l’ancien directeur général au MNBAQ, John Porter, qui l’a connu lorsqu’il s’est amené au conseil d’administration de l’institution au début des années 2000. « Discret, souriant et bon vivant, c’était un homme qui carburait aux grands projets. Il me rappelait cette citation de Georges Clemenceau : “Quand on est jeune, c’est pour la vie.”»
Robert Parizeau laisse dans le deuil notamment quatre enfants, onze petits-enfants et deux arrière-petits-enfants.


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