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Début lundi de l’enquête du coroner sur la mort d’un Autochtone à Prince Albert

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La version audio de cet article est générée par la synthèse vocale, une technologie basée sur l’intelligence artificielle.

Une enquête publique du coroner s'ouvre lundi à Prince Albert pour éclaircir les circonstances entourant le décès de Boden Umpherville, survenu en avril 2023 à la suite d’une arrestation policière musclée. Bien que l'organisme de surveillance de la police ait blanchi les agents impliqués, la famille et les proches de la victime continuent de réclamer des comptes.

Le processus, qui s'étalera sur cinq jours à la Cour du Banc du Roi de Prince Albert, s'appuiera sur un jury citoyen. Ce dernier entendra les témoignages des policiers et de témoins civils afin d'établir les faits précis du drame, sans toutefois déterminer de responsabilités criminelles ou civiles. Le jury pourra également formuler des recommandations pour prévenir de futurs décès similaires.

Avertissement : ce texte contient des détails qui pourraient être troublants.

Boden Umpherville, un homme de 40 ans membre de la Première Nation d'Ahtahkakoop et père de cinq enfants, est décédé à l’hôpital le 26 avril 2023, après avoir été débranché de son système de maintien des fonctions vitales.

Selon le coroner provincial, sa mort a été causée par un arrêt cardiaque attribuable à une asphyxie positionnelle combinée à une intoxication à la cocaïne.

Boden Umpherville.

Grièvement blessé lors de son arrestation à Prince Albert en avril 2023, Boden Umpherville, père de cinq enfants, a été hospitalisé pendant plus de trois semaines avant de s'éteindre le 26 avril 2023. (Photo d'archives)

Photo : Fournie par la Fédération des nations autochtones souveraines de la Saskatchewan

Une intervention policière contestée

Les faits remontent au 1er avril 2023, vers 2 h du matin, lors de l'interception d'un véhicule signalé volé. Selon le rapport de l’Équipe d’intervention en cas d’incident grave de la Saskatchewan (SIRT) — l’organisme indépendant qui a blanchi les six agents de tout acte répréhensible —, Umpherville aurait fourni une fausse identité avant de s'agripper à l'intérieur de l'habitacle pour résister à son expulsion.

Pour le maîtriser, les policiers ont utilisé des bâtons, du poivre de Cayenne et cinq pistolets à impulsion électrique. Après avoir déplacé le véhicule contre une autopatrouille, M. Umpherville a été extrait de la voiture.

C'est lors de la fouille, après que les agents eurent retiré une arme à feu et un couteau de ses effets, qu'il a mentionné ne plus pouvoir respirer.

Un policier l'a encore frappé au torse à plusieurs reprises pendant qu'on tentait de lui remettre les menottes. À l'arrivée des ambulanciers, l'homme ne présentait plus d'activité cérébrale.

Des proches en quête de responsabilité

La famille et les amis de la victime contestent vivement les conclusions de la SIRT, dénonçant un usage excessif de la force et un biais potentiel de l'organisme, qui emploie des policiers à la retraite.

Chase Sinclair, un ami d'enfance de la victime qui a obtenu le statut de partie intéressée à l’enquête, n'attend aucune justice du processus, mais espère au moins des remords et une prise de responsabilité.

Il n’y a pas de justice. On l’a ratée. Ils ont fait en sorte que ce soit le cas, n'est-ce pas? Pour moi, la justice ne consiste pas à rendre œil pour œil, mais c'est une question de responsabilité, peu importe la forme que cela prend. À tout le moins, [les policiers impliqués] ne méritent peut-être plus d’être policiers, déplore-t-il.

Aujourd'hui travailleur social auprès des jeunes à Saskatoon, M. Sinclair affirme être régulièrement sollicité par des citoyens partageant leurs propres expériences négatives avec les forces de l'ordre.

Regarder cela a un impact sur la santé mentale, juste de voir ce qui se passe dehors avec ceux qui sont censés nous protéger. Ça vous fait dresser les cheveux sur la tête, mec, quand vous vous faites arrêter, n'est-ce pas? Parfois, j'ai plus peur de la police que des gens dans la rue, lâche-t-il

Sollicitée par la CBC, la police de Prince Albert n’a pas donné suite aux demandes d'entrevue.

Avec les informations de Jeremy Warren

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