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L’enquête publique sur le décès de la jeune Maëlyne Lugez, une Lévisienne retrouvée morte à 13 ans et à moins d’un kilomètre de son école secondaire en novembre 2024, a débuté lundi au palais de justice de Québec.
C’est le coroner Me Luc Malouin qui préside l’exercice mis en branle pour élucider les circonstances – et les possibles défaillances – entourant son décès. Maëlyne Lugez a perdu la vie seule, le visage dans un ruisseau, au terme d’une disparition en forêt de plus de 24 heures. Aucune personne tierce n’a contribué à sa mort, selon l’enquête policière.
La jeune fille a quitté son école secondaire le 6 novembre 2024 à 12h01. Les images de sa sortie, captées par les caméras de l’établissement, sont les dernières où elle apparaît vivante. Maëlyne Lugez se dirigeait à ce moment dans l’épais boisé qui borde l’école, son sac à dos à l’épaule — et des idées noires à l’âme.
Les pensées suicidaires qui hantaient Maëlyne Lugez de façon sporadique avaient commencé à se faire plus insistantes à partir de 2024, a indiqué Stéphane Maignault, sergent-détective du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ). L’adolescente souffrait d’anxiété en raison de l’intimidation dont elle était victime à l’école. Elle éprouvait également de troubles alimentaires et d’insomnie.
Selon les extraits de conversations policières du 6 novembre déposées en preuve, le père de la jeune fille avait surpris sa fille, la veille de sa disparition, en train de chercher un couteau de précision – un X-acto – dans son coffre à outils. Il avait immédiatement appelé la ligne Info-Social pour demander de l’aide.
Maëlyne avait déjà posé des gestes d’automutilation, par le passé, qui avait mené à son hospitalisation.
Un intervenant a visité le domicile de l’adolescente et de son père le soir même. Celui-ci, Martin Vaillancourt d’Urgence-Détresse, a indiqué lundi que Maëlyne se montrait « collaborative » au moment de leur rencontre.
« J’ai vraiment quelqu’un qui collabore, a-t-il précisé. Il y avait une souffrance chez Maëlyne, mais il n’y avait pas de plan suicidaire. »
Une travailleuse sociale qui suivait l’adolescente depuis juin 2024 avait toutefois l’impression que la jeune fille « cherchait beaucoup sa place. »
« Quand je pense à Maëlyne, ce que je me dis, c’est que les besoins étaient grands », a affirmé Roxanne Gouin du CIUSSS de Chaudière-Appalaches. Elle avait énormément de difficulté à verbaliser, à expliquer ce qu’elle ressentait. »
La famille avait vivement critiqué le rapport déposé par la coroner à la suite du décès de leur enfant. Me Sophie Régnière avait conclu à une mort accidentelle possiblement provoquée par un malaise. Aux yeux des parents de Maëlyne, cités dans un reportage de Radio-Canada, la coroner avait minimisé la détresse psychologique de leur enfant et fait l’impasse sur de possibles ratés de l’enquête policière.
Les audiences de l’enquête publique du coroner doivent avoir lieu en trois phases et prendre fin le 27 mai prochain. Le coroner les préside, Me Luc Malouin, cumule plus de 40 ans d’expérience – et a notamment présidé l’enquête publique sur les décès tragiques de Norah et Romy Carpentier, enlevées puis tuées par leur père en 2020 dans un boisé de Saint-Apollinaire.


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