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«De quoi je me rendrais coupable ?» : accusé d’écrits antisémites, Bardella maintient son démenti et refuse de «plaider l’erreur de jeunesse»

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Publié le 08/10/2026 à 22h48, mis à jour le 09/10/2026 à 01h56

Le président du RN, Jordan Bardella, invité jeudi soir de LCI.

Le président du RN, Jordan Bardella, invité jeudi soir de LCI. Capture d'écran / LCI

Invité jeudi soir de LCI, le patron du Rassemblement national a de nouveau «contesté» les «propos ignobles» que Mediapart lui prête, estimant n’avoir «aucune leçon à recevoir en matière de lutte contre l’antisémitisme».

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Pouvait-il adopter une autre ligne de défense que celle tenue depuis l’éclatement de l’affaire ? Dix jours après que Mediapart a attribué à Jordan Bardella toute une série d’écrits antisémites datant de 2013, et pour lesquels le journal en ligne a avancé ses preuves, la stratégie du président du Rassemblement national (RN) ne bouge pas d’un iota. Celle du démenti catégorique. Une dénégation répétée à chaque occasion, comme ce jeudi soir, où la polémique a occupé une bonne demi-heure de son interview à LCI, la première depuis celle donnée à CNews le soir des révélations.

Face à Darius Rochebin, le trentenaire a encore «contesté formellement les accusations et les propos ignobles» rapportés par le site cofondé par Edwy Plenel, ainsi que ses méthodes d’enquête et ses sources. Des messages antisémites et complotistes, qui auraient été échangés sur Messenger (la messagerie privée de Facebook), qu’il répète n’avoir «jamais» écrits. Pas plus qu’il n’aurait rencontré Alain Soral, l’idéologue antisémite dont Mediapart le décrit à l’époque comme un fidèle lecteur. Se présentant comme «un garçon raisonnable», sans «aucun goût particulier pour les choses sulfureuses ou pour l’extrémisme», il promet de «toujours» mener le combat contre l’antisémitisme et martèle n’avoir «aucune leçon à recevoir» en la matière - a fortiori de Mediapart.

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Si sa défense peut paraître figée, elle se double d’une contre-attaque. Après une plainte en diffamation contre Mediapart, une seconde, pour «faux et usage de faux», est en préparation, confirme Jordan Bardella, qui accuse les journalistes du site de vouloir «(l)’assassiner politiquement». Une procédure qu’il estime fondée, convaincu que le journal en ligne a «menti», puisque l’authentification des conversations par un huissier, présentée comme acquise lors du premier volet de l’enquête, ne serait intervenue que le lendemain. Le tout, dans un «timing troublant» à quelques mois de la présidentielle, digne à ses yeux de «méthodes de barbouzes». D’où viendrait alors la fuite ? Pas de ses rangs, assure-t-il, sans s’avancer davantage. «Le temps révélera sans doute la vérité», veut-il croire.

Reste qu’en coulisses, au parti à la flamme et ailleurs, plusieurs voix déplorent que le président du RN n’ait pas assumé ses éventuels égarements d’adolescent. «Pardon, mais je ne vais pas plaider l’erreur de jeunesse pour des positions qui ne sont pas les miennes», réplique le dauphin de Marine Le Pen, quitte à se priver d’une option qui aurait pu permettre de désamorcer l’affaire. Devant l’insistance de son interlocuteur, il persiste : «Vous me présentez des propos et des positions qui ne sont pas les miens. Donc de quoi je me rendrais coupable ? On est dans une démocratie, dans un État de droit. On a des institutions judiciaires pour se défendre, il existe un droit pénal, un droit de la presse.»

«Il va falloir se calmer maintenant»

Et d’appeler à davantage de «principes» et à «un peu de normalité dans le fonctionnement des institutions» face à «l’hystérie généralisée», nourrie selon lui par la presse et ses «adversaires», qui laisserait penser qu’il est «un criminel et un assassin en série». «Il va falloir se calmer maintenant et accepter de parler de la France, de parler des sujets qui concernent nos compatriotes», a-t-il conclu, persuadé que «toute cette affaire est faite pour (...) parler de polémiques et d’affaires dont tout le monde se moque». Comme pour tenter d’évacuer au plus vite ce dossier encombrant.

L’opinion ne paraît pourtant pas s’en désintéresser. Selon un sondage Ifop pour LCI, réalisé mardi et mercredi auprès de 1000 personnes, 61 % des Français ne sont «pas convaincus» par les dénégations de Jordan Bardella. Autres données : les trois quarts (74 %) jugent ces accusations «graves», et un sur cinq (21 %) dit avoir désormais une image «détériorée» du président du RN, quand elle reste inchangée pour 72%.

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