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L'industrie de l'aluminium du Canada appelle au réalisme dans l'utilisation de ce métal dans le secteur de la défense nationale : il reste du chemin à faire avant que les alumineries de la Côte-Nord soient prêtes à réorienter leur production.
Le gouvernement fédéral s'est engagé à collaborer avec l'industrie de l'aluminium dans le cadre de sa nouvelle stratégie industrielle de défense.
Le président et chef de la direction de l’Association de l’aluminium du Canada (AAC), Jean Simard, estime que les alumineries ne sont pas prêtes de sitôt à emboîter le pas.
On planifie à long terme. On ne peut pas faire un investissement parce qu’il y a de l'argent de disponible au gouvernement s’il n’y a pas de marché devant nous pour recevoir la production.
Il rappelle néanmoins que l'aluminium est un métal essentiel à la fabrication de plusieurs systèmes militaires, tels que les avions de chasse, les blindés ou encore les missiles.

Selon Jean Simard, l'industrie de la défense canadienne pourrait ainsi devenir un marché complémentaire et lucratif, mais qui repose sur la vente de « produits de niche. » (Photo d’archives)
Photo : La Presse canadienne / Christopher Katsarov
Quand on dit "produits de niche", ça veut dire des petits volumes, mais à hauts prix, donc c’est intéressant. Il faut voir ça comme étant un ajout et non pas un remplacement.
Le Canada : un acteur majeur
Le président de l’AAC affirme que le Canada produit 45 % de l'aluminium utilisé par les pays de l'OTAN.
Toutefois, selon lui, plus de 90 % de cet aluminium est transformé à l'étranger, soit principalement aux États-Unis et en Chine.

Le Canada produit environ 3,2 millions de tonnes d'aluminium chaque année. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Rémi Tremblay
Le codirecteur du Réseau d'analyse stratégique (RAS) et professeur titulaire de sciences politiques à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), Justin Massie, juge qu’il est donc crucial de mettre en place une chaîne d'approvisionnement robuste au Canada.
L’idée de la stratégie industrielle, c’est de réduire cette vulnérabilité, [de] réduire la dépendance du Canada à une seule chaîne d’approvisionnement qui était faite, pour l’essentiel, aux États-Unis.

Justin Massie croit qu’une coopération militaire et industrielle pourrait s’avérer lucrative pour les alumineries québécoises. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Benoît Roussel
D’autre part, le professeur soutient qu’il est important que l’aluminium canadien reste rentable et qu’il puisse toujours être vendu en partie à d'autres pays. Il ne faut pas non plus que le réarmement se fasse au coût des contribuables et qu'on paie quatre fois plus cher pour quelque chose qui est moins bon.
Avec les informations d’Alban Normandin


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