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Raté, son portrait d’Harry Styles ? Que nenni. Le peintre de légende, qui vient de nous quitter, ne cherchait pas la ressemblance en tout point.

DANIEL LEAL / AFP
« Portrait of an Artist », l’une des peintures de David Hockney les plus connues.
EN BREF • David Hockney a bien plus offert en sept décennies de travail que les peintures de piscine pour lesquels il est devenu célèbre.
• En 1968, il a débuté une série de portraits de proches, anonymes ou célèbres, qu’il a poursuivie toute sa carrière.
• Des peintures dans lesquelles il privilégie la relation psychologique à la ressemblance photographique, comme pour le célèbre portrait d’Harry Styles.
Dernier plongeon pour David Hockney. Un mois avant son 89e anniversaire, le peintre de légende britannique nous a quittés, ce vendredi 12 juin, laissant derrière lui une carrière longue de sept décennies et une œuvre prolifique, qui ne saurait se réduire à ses célèbres peintures de piscine aux couleurs acidulées.
À l’évocation de son nom, beaucoup se souviennent aussi de ses drôles de portraits, formidable pan de son travail dans lequel il s’était lancé en 1968. Parmi eux, deux peintures majeures illustrant des couples d’amis : Christopher Isherwood and Don Bachardy, en 1968, et Mr. and Mrs. Clark and Percy, trois ans plus tard.
En 2025, une cinquantaine de ces pièces avaient été accrochées au rez-de-chaussée de la Fondation Louis Vuitton à Paris, dans le cadre d’une vaste rétrospective dédiée à l’artiste, « la plus grande » qu’il ait jamais eue, se souvenait-il. Toutes étaient inspirées de ses proches.
Harry Styles façon David Hockney
« Je ne peins généralement que les gens que je connais », confiait-il à nos confrères du Monde, à cette époque. La raison ? « On ne sait jamais à quoi ressemblent les gens avant de les rencontrer. Alors que mes amis, mes amants, les membres de ma famille, je sais comment ils sont », concédait-il, soucieux d’aller au-delà des apparences.
Une façon, selon Beaux Arts Magazine, de traduire sa constante fascination pour la nature humaine, à l’image de ses peintres de prédilection, comme Vermeer, Balthus ou Hopper, pour les plus contemporains. « Très vite, le sujet essentiel devient la relation psychologique qui unit les protagonistes », précise le mensuel.
L’architecte Franck Ghery est passé sous son pinceau. Un chien, des anonymes, des membres de sa famille, ou son compagnon Jean-Pierre Gonçalves de Lima, aussi. Idem pour le chanteur Harry Styles. C’était en 2023. « À l’époque, je ne savais pas qu’il était aussi célèbre », s’amusait David Hockney dans les pages de Vogue.

Photo Albane Guichard pour Le HuffPost
Harry Styles, ici sous le pinceau de David Hockney.
Réalisé dans son studio du pays d’Auge, en Normandie, le portrait de l’artiste - reconnaissable à sa tignasse ébouriffée dans son cardigan rayé rouge et jaune - a suscité bien des conversations chez les fans de l’ex-star des One Direction à sa découverte, lors d’une exposition à la National Portrait Gallery de Londres.
Pas d’Élisabeth II, ni de Charles III
Il faut dire que l’œuvre n’est peut-être pas la plus ressemblante. Est-elle pour autant ratée ? Bien sûr que non. Comme Matisse dont il était un grand amateur, le Britannique ne recherchait pas « la ressemblance photographique, mais les mille facettes d’une personnalité. Il ose modifier des traits du visage », d’après Jean Frémon, interrogé par Le Monde.
Le galeriste, qui a consacré à son ami et voisin un ouvrage (David Hockney à l’atelier, aux éditions de L’Échoppe), a lui aussi eu droit à son portrait. Sur celui-ci, ses cheveux habituellement blancs tirent vers le jaune.
Pas de quoi prendre la mouche. Sa grande copine de toujours Celia Birtwell, à qui le plasticien a « tordu » le visage en Une de Vogue en 1979, ne s’en est, elle, jamais plaint, au contraire. « Je peux apprécier les commentaires de mes proches, mais s’ils n’aiment pas l’œuvre et moi oui, c’est mon avis qui compte », tranchait le peintre.

DANIEL LEAL / AFP
« Christopher Isherwood and Don Bachardy », parmi les œuvres majeures de David Hockney.
Dans les dernières années de sa vie, lui n’a jamais cessé de dessiner ses proches, à qui il envoyait par courriel ses œuvres, qu’il réalisait à l’acrylique ou sur iPad. Certains n’ont toutefois jamais eu ce privilège. Notamment Élisabeth II et son successeur Charles III, lesquels David Hockney a toujours refusé de peindre. Les flatteries, très peu pour lui.


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