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David Eby trouvera-t-il l’équilibre délicat entre réconciliation et opinion publique?

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Le gouvernement néo-démocrate de David Eby, en Colombie-Britannique, déposera ce printemps des modifications à la loi provinciale sur la Déclaration sur les droits des peuples autochtones (DRIPA). Cependant, le premier ministre doit composer avec plusieurs Premières Nations qui ne veulent aucune modification et d'autres groupes qui veulent abroger cette loi.

La province veut modifier sa loi en raison de deux jugements.

Il y a d'abord eu la décision Cowichan, où la Cour suprême de la Colombie-Britannique a conclu qu’environ 3,25 km2 de terres dans la ville de Richmond sont des terres ancestrales. Par la suite, il y a eu la décision sur les droits miniers des nations Gitxaala et Ehaattesaht qui estime que la loi est incompatible avec le système actuel.

En conférence de presse, David Eby a indiqué que des modifications étaient donc nécessaires pour limiter le pouvoir des tribunaux et offrir plus de clarté à la population et aux Premières Nations, alors que des milliards de dollars de projets en ressources naturelles sont en jeu.

Nous avons 50 milliards de dollars en projets qui vont atteindre une décision finale d'investissement cette année. Nous allons travailler avec tous les chefs afin de répondre aux préoccupations de la province, tout en préservant ce que les chefs espèrent voir.

Pour ce faire, depuis le début de cette année, David Eby et ses troupes ont consulté une centaine de Premières Nations pour aider les néo-démocrates à formuler les changements dans la loi provinciale qui a été adoptée à l'unanimité en 2019.

Les chefs qui veulent obtenir des informations sur les modifications doivent signer une entente de non-divulgation.

Certains chefs autochtones craignent un recul dans le processus de la réconciliation entamé par la Colombie-Britannique, qui a été la première province à adopter la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones dans sa loi.

Les chefs Robert Phillips et Marilyn Slett estiment que la loi provinciale est un outil qui favorise la confiance et qui permet au gouvernement et aux Premières Nations de négocier de bonne foi.

C'est frustrant. Cette loi est importante parce qu'elle nous permet de négocier directement avec la province et d'éviter d'aller en cour. La loi apporte une certitude pour tous. Elle facilite plusieurs processus, comme l'évaluation environnementale d'un projet.

Une pression politique nourrie par la désinformation?

La cheffe héréditaire de la Première Nation Lyackson, Shana Thomas, dénonce la courte durée des consultations. Je ne pense pas que nous pouvons appeler cela de la consultation. Ce que nous voyons, c'est une approche agressive du gouvernement, explique-t-elle.

Comme Robert Phillips et Marilyn Slett, Shana Thomas croit que la loi a été fortement politisée, notamment dans le cas du jugement des Cowichans. Elle précise que les Cowichans ont indiqué à plusieurs reprises qu'elles ne s'intéressent pas aux propriétés privées.

Il y a beaucoup de désinformation. Les nations ne veulent rien savoir des propriétés privées. Il faut plutôt continuer à travailler sur nos relations avec la province. [...] Nous pouvons tous être prospères, il faut juste le faire avec respect.

À dire vrai, je crois que les changements dans la loi sont le fruit d'une stratégie politique pour que le premier ministre ne baisse pas dans les sondages, ajoute Robert Phillips.

En effet, depuis les deux décisions sur les Cowichans et les droits miniers, le Parti conservateur de la Colombie-Britannique a exigé l'abrogation de la loi provinciale. Ce message est aussi véhiculé par des candidats à la chefferie conservatrice, comme Caroline Elliot.

Les gens sont très préoccupés par l'impact de la loi sur l'économie. L'incertitude qu'elle crée fait en sorte qu'il est impossible de construire quoi que ce soit. Les gens sont vraiment inquiets quant à leurs droits de propriété privée.

Le Parti conservateur pointe également du doigt le sondage de la firme Angus Reid, publié en août 2025.

Selon ce sondage, 39 % des répondants estiment que la mise en œuvre de la loi provinciale était la bonne décision à prendre. Par contre, 44 % des participants disent plutôt que la loi est allée trop loin. Par ailleurs, 29 % des répondants qui votent pour les néo-démocrates considèrent que la loi va trop loin.

Pour le politologue Hamish Telford, le premier ministre semble se retrouver entre l'arbre et l'écorce, soit entre l'opinion publique et les Premières Nations.

Le Parti conservateur capitalise sur l'opinion publique, qui se range de plus en plus contre la loi. Et le NPD fait face à une pression importante de la part des Premières Nations.

En revanche, Hamish Telford rappelle que, peu importe le parti au pouvoir, il doit en fin de compte respecter les droits constitutionnels des Autochtones.

Méthodologie

Le sondage Angus Reid (nouvelle fenêtre) (en anglais seulement) a été réalisé en ligne du 24 au 29 juillet 2025 auprès de  2508 répondants, dont 641 sont des Britanno-Colombiens. À titre comparatif, pour un échantillon probabiliste de cette taille, la marge d’erreur de ± 1.5 point de pourcentage au Canada et de ± 4 points de pourcentage en Colombie-Britannique, 19 fois sur 20.

Avec des informations de Katie DeRosa (nouvelle fenêtre)

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