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France 14/04/2026 14:06 Actualisé le 14/04/2026 15:00
Lundi 13 avril, des milliers d’avocats ont manifesté dans plusieurs villes pour dénoncer cette mesure qui permettrait d’accélerer les procédures judiciaires criminelles.
Par Pierre Tremblay avec AFP
« On touche à ce qu’il y a de plus sacré sur le terrain de la justice. » Le Sénat a commencé ce lundi 13 avril l’examen de la réforme de la justice criminelle (loi SURE) défendue par Gérald Darmanin. Moment choisi par les avocats pour protester partout en France contre l’instauration d’une nouvelle procédure : le « plaider-coupable ».
Face au volume croissant des dossiers, un « tsunami » qui fait craindre « l’effondrement de la justice criminelle », le projet de loi du gouvernement « entend non pas accélérer ou rendre expéditive la justice, mais la rendre à peu près humaine », a lancé le garde des Sceaux en ouverture des débats dans l’hémicycle de la chambre haute.
Environ 5000 dossiers criminels sont en attente de jugement dans les juridictions françaises, selon des chiffres rapportés en début d’année par Gérald Darmanin, une embolie croissante qui fait planer des risques de libération de personnes avant qu’elles ne soient jugées.
Comme vous pouvez le voir dans notre reportage vidéo en tête d’article, Le HuffPost a suivi en milieu de journée la mobilisation de centaines d’avocats près du Sénat. À notre micro, ils dénoncent une mesure qui s’attaque, selon eux, aux « fondamentaux de la justice » en évitant un procès pour certaines affaires.
Avec pancartes et drapeaux, des milliers d’avocats se sont aussi rassemblés dans plusieurs villes de France, comme à Toulouse, Lille et Montpellier, dans une opération « justice morte » contre ce projet de loi qui se fera selon eux « au détriment des droits de la défense et des victimes ».
En réponse, le ministre de la Justice a promis de chercher jusqu’au bout le « consensus » au Parlement, espérant répondre aux « critiques » et aux « caricatures » véhiculées par les opposants à sa réforme, qu’il juge nécessaire pour désengorger les cours criminelles et réduire « l’attente insupportable » des victimes jusqu’au procès. Mardi, les sénateurs ont repris leurs discussions au Palais du Luxembourg et pourraient adopter le texte en fin d’après-midi.


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