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International 04/06/2026 22:42 Actualisé le 04/06/2026 22:44
Le chef de l’État ukrainien se dit prêt à suspendre les combats le temps des discussions et appelle Moscou à négocier directement.
Par Anne-Fleur Andrle avec AFP

TETIANA DZHAFAROVA / AFP
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky lors d’une conférence de presse à Kiev, le 3 juin 2026.
Volodymyr Zelensky a choisi de s’adresser directement à Vladimir Poutine. Dans une lettre ouverte publiée ce jeudi 4 juin par la présidence ukrainienne, le chef de l’État ukrainien propose une rencontre en tête à tête avec son homologue russe afin d’engager des négociations pour « mettre fin à cette guerre ».
« Je propose une rencontre », écrit-il.
Le président ukrainien affirme que son pays est prêt à accepter « un cessez-le-feu complet pour la durée des négociations », et estime que les États-Unis et les pays européens doivent être associés au processus.
Mais au-delà d’une proposition diplomatique, cette longue lettre est surtout l’occasion pour Zelensky de dresser un réquisitoire contre Poutine, qu’il tient pour personnellement responsable du conflit.
« Cette guerre est votre choix personnel »
Dès les premières lignes, le président ukrainien revient sur les 26 années passées par Poutine au pouvoir. « Vous avez passé près de la moitié de vos 26 années au pouvoir en Russie à mener une guerre contre l’Ukraine », écrit Zelensky.
Puis il rejette les arguments régulièrement avancés par Moscou pour justifier le conflit. « Quoi que vous puissiez dire sur l’Otan, la géopolitique ou la langue russe, cette guerre est votre choix personnel, une guerre sans véritable raison. C’est ainsi que l’histoire s’en souviendra. »
Le président ukrainien s’attarde également sur les conséquences de la guerre pour la Russie.
« Ils n’aiment pas nos drones et nos missiles. Ils n’aiment pas les pénuries d’essence ni la hausse constante des prix. Ils n’aiment pas les restrictions permanentes », écrit-il. « Ils n’aiment pas votre intention de lancer une deuxième vague de mobilisation afin d’étendre la guerre à une autre partie de l’Ukraine ou de l’utiliser contre d’autres pays voisins de la Russie. Ils n’aiment pas le fait qu’aucune issue ne soit en vue pour votre guerre. »
Avant d’ajouter : « Vous n’aurez pas assez d’argent ou de capital politique pour continuer à acheter la loyauté des Russes comme vous l’avez fait au cours des 26 dernières années. »
Une proposition de rencontre et de cessez-le-feu
Le président ukrainien assure également ne pas vouloir voir la guerre s’installer durablement. « Nous ne voulons pas d’une guerre permanente. Nous savons parfaitement qu’une vie sans guerre est infiniment meilleure. » Quelques paragraphes plus loin, il résume son message en une formule : « Assez de guerre ».
Dans la dernière partie de son texte, Volodymyr Zelensky revient à sa proposition de négociation directe avec Vladimir Poutine. « Je propose de fixer une date claire pour une telle rencontre », écrit-il, en évoquant notamment la Suisse, la Turquie ou encore plusieurs pays arabes comme hôtes potentiels.
Volodymyr Zelensky se dit également favorable à un « cessez-le-feu complet pendant toute la durée des négociations » ainsi qu’à un échange total de prisonniers de guerre. « La ligne de front aujourd’hui est la ligne à partir de laquelle la diplomatie doit commencer », écrit-il encore.
La lettre se conclut sur un avertissement adressé au président russe. « Si vous ne parvenez pas personnellement à la conclusion qu’il est temps de mettre fin à cette guerre, l’Ukraine continuera à se battre pour son existence. » Puis sur cette phrase : « Vous pouvez arrêter votre guerre. »
Zelensky peut venir « à tout moment » à Moscou
Quelques heures après la publication de la lettre, le Kremlin a réagi à la proposition de Volodymyr Zelensky. Selon le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, cité par les médias d’État russes, le président ukrainien peut venir « à tout moment » à Moscou pour rencontrer Vladimir Poutine.
Dmitri Peskov a toutefois précisé que le président russe n’avait pas encore vu la lettre au moment de sa déclaration.
Donald Trump a lui aussi salué l’idée d’une rencontre entre les deux dirigeants. « Je suis ravi qu’ils parlent de se rencontrer. Je pense que nous y sommes pour quelque chose [...] Je pense que ça serait super qu’ils se rencontrent », a déclaré le président américain depuis le Bureau ovale.


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