0,4 kg d’eau. C’est ce que renferme 1 kg de bûche à 40 % d’humidité, mesurée sur la masse brute, contre 0,2 kg dans 1 kg de bûche à 20 %. Dans le premier cas, il ne reste que 0,6 kg de bois pour nourrir le feu.
Le poêle doit évaporer deux fois plus d’eau.
Une bûche coupée au printemps dernier n’a, au mieux, que quelques mois de séchage derrière elle. Le guide pratique de l’ADEME « Le chauffage au bois, mode d’emploi », édition d’août 2018, demande de laisser sécher les bûches trop humides pendant 18 mois. Compté depuis une coupe d’avril 2026, ce délai mène à octobre 2027. C’est un calcul, pas une mesure : seule l’humidité réelle de la bûche dirait où elle en est.
À retenir
- 1 kg de bûche à 40 % d’humidité contient 0,4 kg d’eau.
- Une bûche à 40 % perd environ 25 % de rendement par rapport à une bûche à 20 %.
- Le guide de l’ADEME prescrit 18 mois de séchage pour les bûches trop humides.
Sommaire
Faire bouillir la bûche : une image, pas une exagération
Le poêle ne porte pas la bûche à ébullition au sens strict, mais l’eau qu’elle contient doit quitter le bois sous forme de vapeur. Cette évaporation consomme de la chaleur, prélevée sur la flambée elle-même. Plus la bûche en renferme, plus la part détournée est grande, comme dans un sèche-linge chargé de textiles détrempés.
À 20 %, 1 kg de bûche apporte 0,8 kg de bois ; à 40 %, seulement 0,6 kg. Pour le même poids acheté, cela fait un quart de bois en moins, et le double d’eau à chasser.
Au poids, la balance ne distingue pas le bois de l’eau. Dans 10 kg de bûches à 40 %, 4 kg sont de l’eau, contre 2 kg à 20 %. À la tonne, l’écart atteint 200 litres, de quoi remplir 200 bouteilles d’1 litre que la flambée devra évacuer.
Les autres combustibles du guide fournissent un terme de comparaison. Le guide fixe en effet un seuil par combustible : 20 % au maximum pour le bois, 30 % pour les plaquettes, 10 % pour les granulés et les briquettes. Un kilo de granulés à la limite de 10 % contient donc 0,1 kg d’eau, quatre fois moins que la bûche à 40 %. Les plaquettes, tolérées jusqu’à 30 %, en renferment 0,3 kg.
Le calcul ci-dessus compte l’humidité sur la masse brute, c’est-à-dire la bûche pesée avec son eau. Rapportée au seul bois sec, la même bûche à 40 % afficherait environ 67 %, et celle à 20 % environ 25 %. L’eau est identique, seul le dénominateur change, et un pourcentage sans sa base de calcul ne dit pas grand-chose.
Environ 25 % de rendement en moins, et du matériel qui s’encrasse
À 40 % d’humidité, la perte de rendement atteint environ 25 %.
Le chiffre vient du guide de l’ADEME, qui compare des bûches à 40 % à des bûches à 20 %. Son encadré, titré « Le bois humide : plus polluant et moins efficace », pose d’abord qu’un bois humide fournit moins d’énergie qu’un bois sec. Il ajoute que sa combustion libère sensiblement plus de substances polluantes dangereuses pour la santé. Deux autres conséquences suivent dans la même liste.
La première concerne les appareils performants : avec du bois humide, ils n’atteignent pas leur pleine puissance. La seconde touche le matériel, qui s’encrasse plus vite et risque de se détériorer. Un poêle récent, réglé pour donner son maximum, se retrouve donc bridé par ce qu’on lui met dedans.
L’ADEME raisonne en rendement et ne traduit rien en euros. Le stère payé reste donc un chiffre muet sur ce que l’eau fait perdre à l’arrivée, et c’est bien l’« environ 25 % de rendement en moins » qu’il faut retenir, pas un montant.
18 mois, des palettes et un label
Pour les bûches trop humides, le guide prescrit 18 mois de séchage sur des palettes ou des tasseaux, qui surélèvent la pile. L’abri doit être couvert et bien ventilé : le toit garde la pluie dehors, l’air qui circule emporte l’eau du bois.
Le calendrier se compte vite. D’avril à octobre 2026, 6 mois ont passé, soit un tiers des 18 mois prescrits, et il en reste 12. À l’inverse, un bois prêt à brûler dès ce mois-ci aurait dû être coupé vers avril 2025, voire avant.
Les feuillus denses sont à privilégier.
À l’achat, le guide conseille de choisir des bûches porteuses de labels ou de marques, comme NF Bois de chauffage, sans recommander d’enseigne. Une bûche vendue sans mention appelle trois questions au vendeur : quelle essence, depuis quand elle sèche, à quel taux d’humidité. Le seuil à garder en tête reste celui du guide, 20 % au maximum pour le bois. Pour l’hiver qui commence, mieux vaut donc s’approvisionner en bois déjà conforme et mettre la coupe du printemps de côté pour la saison suivante.
Le guide date d’août 2018, et c’est cette édition qui fournit le seuil de 20 %, les 18 mois de séchage et la perte d’environ 25 %. Les 40 % de l’exemple sont ceux que cite l’ADEME : rien ne dit qu’une bûche coupée au printemps dernier y soit exactement, seule une mesure le dirait.
Sources : selectra.info | combustibles-gruchy.fr


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