C’est un essai qui démarre lentement, comme un cœur à l’échauffement, et finit par s’emballer, vertigineux et brillant. Sûr que Matthieu Dumont, opéré à plusieurs reprises dès ses 6 ans pour une valve aortique défaillante, connaît son sujet. Déjà, il partage cette pathologie «qui, tapie dans l’ombre, récidive, inéluctable», avec Arnold Schwarzenegger, «masse de muscles» dont il était loin de se douter «qu’elle abritait en son centre une fragilité insoupçonnée».
Surtout, cet intellectuel né en 1985 parle avec brio de cet organe à la fois «délaissé et surinvesti». Sur le plan symbolique, le cœur est délaissé au profit du cerveau qui prend toute la lumière médiatique. Mais il est surinvesti sur le plan médical, ployant sous la multitude de consignes pour le stimuler, ménager, guérir, remplacer, etc., dont les montres connectées sont les témoins obsédants. Que souhaite La forme d’un cœur, ouvrage qui vient de paraître aux Editions Les corps Conducteurs? «Sonder cet organe au moyen d’une imagerie à résonance philosophique» pour, au-delà de ses contours physiques, en palper ses cavités symboliques.


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