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Dans leur défense, les avocats de Patrick Bruel ne manquent pas d’attaquer les médias

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Médias 12/06/2026 12:30 Actualisé le 12/06/2026 12:46

Patrick Bruel, sous le coup d’un « déferlement médiatique sans précédent » ? C’est l’un des arguments de la défense de l’artiste, récemment mis en examen.

Patrick Bruel, ici au mois d’octobre 2023, à Paris.

ALAIN JOCARD / AFP

Patrick Bruel, ici au mois d’octobre 2023, à Paris.

EN BREF Les avocats de Patrick Bruel dénoncent un « déferlement médiatique sans précédent » dans l’affaire qui vise le chanteur.
Ils attaquent le traitement des médias, jugeant sa parole « inaudible » depuis les premières révélations.
Et, à l’inverse, ils avancent que seuls les policiers et magistrats sont d’après eux à même de recueillir la parole des plaignantes, pas les journalistes.

« Nous sommes face à un déferlement médiatique sans précédent. » Ces mots, ce sont ceux de Christophe Ingrain, l’un des avocats de Patrick Bruel, qui dans les colonnes du Parisien, ce jeudi 11 juin, s’est non seulement exprimé sur la mise en examen de son client, mais a surtout bien insisté sur le traitement qui lui était réservé dans la presse.

Plusieurs formules reviennent : il parle de « climat médiatique » contre lui, voire d’une « pression médiatique » inédite. La décision de ne pas envoyer le chanteur en détention provisoire démontre d’ailleurs, d’après lui « que la justice ne se rend pas sur les plateaux ou sur les réseaux sociaux ». « La justice ne se rend pas devant l’opinion publique », martèle l’avocat très habitué aux affaires médiatiques pour avoir par le passé conseillé l’ancien garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti et l’ancien président Nicolas Sarkozy.

Une ligne de défense similaire à celle de Fanny Collin, sa consœur et collaboratrice dans l’affaire. Selon elle, le tribunal reste « le seul lieu où il convient dans les affaires judiciaires de s’expliquer ». Au micro de BFM, elle estime que « ce n’est pas sur un plateau télé. Ce n’est pas lors d’une conférence de presse. C’est devant les autorités policières et judiciaires. »

Depuis le premier témoignage de Daniela Elstner chez Mediapart au mois de mars, plusieurs autres plaignantes ont été entendues dans les médias de façon anonyme ou à visage découvert, comme l’animatrice Flavie Flament ou plus récemment une attachée de presse du nom de Karine Viseur, qui a porté plainte il y a trois mois.

C’en est trop pour la défense ? « Depuis que cette affaire est née médiatiquement, la voix, la parole de Patrick Bruel est absolument inaudible », dénonce Fanny Collin, toujours sur BFM. C’est sur Instagram, où il a nié l’ensemble des faits qui lui sont reprochés, que son client a pour le moment préféré s’exprimer. C’était pour rappel dans le courant du mois de mai.

Elle aussi, est rompue à l’exercice de la défense de personnalités de premier plan, et particulièrement de celles accusées de violences sexuelles : elle a notamment défendu Ibrahim Maalouf, le réalisateur Christophe Ruggia, et le joueur du PSG Achraf Hakimi. La troisième avocate du chanteur Céline Lasek n’est pas non plus novice dans les affaires très médiatisées, elle a accompagné Pierre Palmade pendant son procès.

« En réalité, vous n’en savez rien »

Ce vendredi, Fanny Collin en a remis une couche chez franceinfo, prenant pour cible désormais Marine Turchi, journaliste de Mediapart « qui ne cache pas qu’elle a très clairement pris position » en faveur de celles « qui auraient à se plaindre de Patrick Bruel ». Cette dernière qui gère en partie « le dossier Bruel » depuis les premières révélations a récemment déclaré n’avoir jamais reçu « autant de témoignages ».

Pour Fanny Collin, « ce n’est pas le rôle des journalistes que de prendre la place d’un officier de police judiciaire ou d’un magistrat ». Au journaliste en plateau qui l’interrogeait sur les ressemblances dans les faits imputés, elle tranche : « En réalité, vous n’en savez rien. »

« Vous n’avez pas eu accès (au dossier), vous en tant que journaliste, et vous n’êtes pas partie dans la procédure. Vous n’avez pas accès à la donnée brute », s’agace l’avocate. Avant de rappeler : « Le témoignage dont on doit tenir compte, c’est le témoignage tel qu’il est apporté devant une autorité judiciaire ».

Patrick Bruel mis en examen

Pourquoi ? Parce qu’elle est d’après l’avocate du chanteur « la seule autorité compétente pour recueillir la parole d’une plaignante », comme elle l’a déjà dit sur BFMTV. « Parce qu’un policier ou un magistrat est formé à cela, à poser certaines questions d’une certaine manière », contrairement à un journaliste, « quelle que soit sa qualité à lui », pour qui « ce n’est pas son métier ».

Pour le moment, le sort de son client est toujours entre les mains de la justice. Mis en examen, ce mercredi 10 juin, dans quatre affaires, qui se sont déroulées entre 2008 et 2019, Patrick Bruel a été placé sous le statut, plus favorable, de témoin assisté dans quatre autres dossiers.

Les procédures d’une douzaine d’autres femmes dénonçant des faits similaires, mais antérieurs, ont été jointes à l’information judiciaire, questionnant la prescription (constatée notamment pour un dossier de viol à Grenoble, en 2000) dans cet épais volet. Une enquête judiciaire est également ouverte en Belgique pour agression sexuelle.

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