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Dans les coulisses d’un refuge : de l’arrivée d’un chat à son adoption

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Derrière les quelques dizaines de chats et de chiens affichés sur le site Internet d’un refuge se cache une mécanique beaucoup plus complexe. Soins vétérinaires, évaluations comportementales, familles d’accueil, stérilisation, bénévolat : avant de rejoindre une nouvelle famille, un animal peut passer par plusieurs étapes.

À Windsor, la Windsor/Essex County Humane Society, qui célèbre cette année ses 100 ans, compte une cinquantaine d'employés et s'appuie sur de nombreux bénévoles et familles d'accueil.

Je pense que les gens ne réalisent pas à quel point c'est une grosse opération, explique Nicole Bryce, spécialiste du développement et des services aux donateurs. Sur le site Internet, poursuit-elle, le public peut avoir l'impression que le refuge ne compte que quelques chiens et quelques dizaines de chats.

En réalité, une partie des animaux se trouve ailleurs, notamment chez des familles d'accueil. Les plus jeunes chatons, par exemple, ne peuvent pas encore être stérilisés et proposés à l'adoption.

Couloir avec des dizaines de cages à chats à Humane Society Windsor.

Les animaux hébergés au refuge ne représentent qu'une partie de ceux dont s'occupe l'organisme. D'autres vivent temporairement dans des familles d'accueil.

Photo : Radio-Canada / Camille Cottais

Un parcours différent pour chaque animal

Lorsqu'un animal arrive dans un refuge, son parcours dépend de son âge, de son état de santé et de son comportement. Certains peuvent rapidement être proposés à l'adoption. D'autres ont besoin de soins vétérinaires ou de temps pour être socialisés. À Windsor, tous les chiens, chats et lapins sont stérilisés avant leur adoption, assure Mme Bryce.

Pour les animaux trouvés à l'extérieur, les employés doivent également déterminer s'ils peuvent s'adapter à la vie avec des humains. Un chat adulte très peu socialisé, par exemple, peut être stérilisé, vacciné et micropucé avant d'être relâché dans son milieu d'origine plutôt que d'intégrer le programme d'adoption.

Montage photo de 3 chats, un noir, un marron tigré et un gris.

Goose, Rhea et Shiloh Hill font partie des chatons actuellement adoptables au refuge Windsor/Essex County Humane Society.

Photo : Site web de Windsor/Essex County Humane Society

À l'inverse, les chatons trouvés suffisamment jeunes peuvent généralement être socialisés.

Les familles d'accueil, une extension du refuge

Les familles d'accueil occupent une place essentielle dans ce système, particulièrement pendant la saison des chatons, qui s'étend généralement du printemps à l'automne, explique Mme Bryce.

Certains bénévoles accueillent des chatons âgés de quelques jours, qui doivent alors être nourris au biberon. D'autres prennent temporairement en charge un animal qui supporte mal la vie au refuge.

L'environnement d'un refuge est très stressant. Ce n'est pas un endroit idéal pour un animal. C'est bruyant, il y a beaucoup d'activité, beaucoup d'odeurs différentes et d'autres animaux.

Une famille d'accueil, continue l’employée, peut alors offrir à l'animal une routine et un environnement plus calme, tout en permettant au refuge de mieux connaître son comportement. Elles leur donnent cette prévisibilité et cette sécurité quotidiennes dont beaucoup d'animaux ont besoin pour se sentir en sécurité et laisser leur personnalité ressortir.

Le séjour peut durer une semaine pour un chien qui a simplement besoin de se reposer loin de l'agitation du refuge, ou plusieurs semaines pour une portée de chatons. Certains animaux restent même en famille d'accueil jusqu'à leur adoption.

Nous serions perdus sans les familles d’accueil, résume Nicole Bryce.

À Windsor, le défi des chats errants

Le fonctionnement d'un refuge dépend aussi des réalités de la région qu'il dessert. Dans le Sud-Ouest de l'Ontario, l'une d'elles est la population importante de chats vivant à l'extérieur.

Nicole Bryce estime que Windsor compte une population de chats errants supérieure à la moyenne canadienne. Elle l'explique notamment par les hivers plus doux, l'abondance de sources de nourriture comme les rongeurs et la présence de moins de prédateurs naturels que dans certaines régions plus au nord.

Les animaux peuvent former des colonies comptant parfois plusieurs dizaines de chats. Le quartier Sandwich fait notamment partie des secteurs où ces colonies sont présentes.

Une femelle non stérilisée pouvant avoir plusieurs portées chaque année, la population peut rapidement augmenter.

Un chaton du refuge Humane Society Windsor-Essex.

Une chatte non stérilisée peut avoir jusqu'à 150 chatons pendant sa vie.

Photo : Radio-Canada / Camille Cottais

Pour limiter cette croissance, le refuge mise notamment sur la méthode capture-stérilisation-retour, mieux connue sous l'acronyme anglais TNR (trap-neuter-return). Des citoyens ou des groupes locaux capturent les chats, qui sont ensuite stérilisés à faible coût à la clinique de l'organisme, avant d'être relâchés.

En 2023, une subvention de 10 000 $ du Fonds d'investissement communautaire du pont international Gordie-Howe a permis au refuge d'intervenir spécifiquement dans le quartier Sandwich. Environ 90 à 100 chats ont été stérilisés. Certains ont ensuite intégré le programme d'adoption, tandis que les chats adultes trop peu socialisés ont été relâchés.

Façade du bâtiment de Human Society Windsor-Essex, à Windsor.

La Windsor/Essex County Humane Society a été, en 1994, le premier organisme en Ontario à rendre obligatoire la stérilisation de tous les animaux âgés de huit semaines et plus sous sa responsabilité.

Photo : Radio-Canada / Camille Cottais

100 ans d'évolution

L'organisme vient tout juste de fêter ses 100 ans d’existence. En 1925, Georgina LaMarsh a ouvert le premier refuge pour animaux de Windsor dans sa propre maison, sur la rue Goyeau. L'Essex County Humane Society a officiellement été créée l'année suivante.

Un siècle plus tard, ses activités vont de l'hébergement à l'adoption, en passant par les soins vétérinaires, la stérilisation, les familles d'accueil et différents programmes communautaires.

L'organisme promet également de conserver les animaux adoptables aussi longtemps qu'il le faut pour leur trouver une famille. Ils ne sont pas euthanasiés en raison d'un manque d'espace ou parce qu'ils sont au refuge depuis trop longtemps.

La stérilisation au cœur de la solution

Pour Nicole Bryce, une grande partie du travail des refuges pourrait toutefois être évitée en intervenant en amont.

S'il y a une chose à retenir, même si votre animal vit exclusivement à l'intérieur, c'est de le faire stériliser.

La stérilisation permet non seulement d'éviter des portées non désirées, souligne-t-elle, mais permet aussi de réduire certains risques pour la santé des animaux.

Nicole Bryce souriant à la caméra, avec un petit chaton dans les bras.

Nicole Bryce a d'abord été bénévole auprès des chats avant de devenir spécialiste du développement et des services aux donateurs à la Windsor/Essex County Humane Society.

Photo : Radio-Canada / Camille Cottais

Faites stériliser vos animaux!, insiste-t-elle. C'est vraiment la seule façon de contrôler la population animale.

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