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Dans le désert du Namib dort depuis 1956 une ville allemande bâtie sur les diamants dont les dunes ont fini par remplir chaque pièce jusqu’à mi-hauteur des murs

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À une dizaine de kilomètres de Lüderitz, au sud de la Namibie, une ville allemande est occupée par le sable. Kolmanskop n’a plus d’habitants depuis les années 1950, et personne ne déblaie les dunes qui entrent par les portes et les fenêtres. Dans plusieurs maisons, le sable monte jusqu’à mi-hauteur des murs.

Tout commence par une pelle, en 1908.

À retenir

  • Un ouvrier ferroviaire découvre un diamant en 1908 et déclenche une ruée vers le désert namibien
  • La ville de Kolmanskop accueille 1 150 habitants à son apogée dans les années 1920 avec hôpital, casino et salle de bal
  • La découverte de gisements plus riches en 1928 à 270 kilomètres au sud provoque l’abandon progressif entre 1954 et 1959

Sommaire

  1. Un diamant ramassé au bord des rails
  2. 1928 : le jackpot est ailleurs
  3. Visiter une zone interdite

Un diamant ramassé au bord des rails

En avril 1908, un ouvrier de la voie ferrée nommé Zacharias Lewala déblaie le sable accumulé sur la ligne Lüderitz-Aus. Il tombe sur une pierre brillante, la montre à son supérieur, l’inspecteur ferroviaire allemand August Stauch, et déclenche une ruée. En septembre de la même année, les autorités coloniales déclarent la région Sperrgebiet, la « zone interdite », dont l’accès est resté contrôlé jusqu’à aujourd’hui.

Les colons allemands construisent en plein désert une petite ville de riches. On y trouve un hôpital équipé de ce qui passe pour le premier appareil de radiographie d’Afrique australe, une salle de bal, un casino, un jeu de quilles et une fabrique de glace pour les glacières des ménages. L’eau potable, elle, arrive de Cape Town par bateau jusqu’à Lüderitz, puis par train.

Dans les années 1920, la ville compte environ 300 adultes européens, une quarantaine d’enfants et quelque 800 ouvriers locaux, soit à peu près 1 150 personnes selon le décompte de CNN. D’autres sources ne retiennent que les 350 Européens, d’où des chiffres de « population maximale » très variables d’un site à l’autre.

Près de cinq millions de carats, en quelques années seulement.

1928 : le jackpot est ailleurs

À partir de 1928, des gisements bien plus riches sont découverts à environ 270 kilomètres au sud, vers l’embouchure du fleuve Orange, près d’Oranjemund. Les diamants de Kolmanskop, que l’on ramassait d’abord à la main dans le sable, s’épuisent, et l’exploitation suit l’argent. La chute des cours après la Première Guerre mondiale accélère le départ des mineurs. Les derniers habitants s’en vont entre 1954 et 1959 selon les sources, 1956 étant la date retenue pour la fermeture de l’hôpital.

Le désert n’a pas attendu longtemps pour reprendre ses droits. Tant que la communauté vivait là, elle tenait les dunes à distance à force d’entretien. Depuis, les vents du sud poussent le sable par chaque ouverture, et les visiteurs marchent aujourd’hui dans des maisons où ils enfoncent jusqu’aux genoux.

Population actuelle : zéro habitant.

Visiter une zone interdite

Le site se trouve toujours dans le Sperrgebiet, et on n’y entre pas comme dans un musée. Un permis est obligatoire, et Namdeb, la société diamantaire détenue conjointement par l’État namibien et De Beers, est le nom associé à la gestion du lieu. Deux formules existent : un billet standard, qui se prend à l’entrée pendant les heures d’ouverture, et un permis photo qui autorise l’accès en dehors de ces horaires, utile pour les lumières rasantes du matin.

L’histoire de ces murs ensablés n’a rien d’une carte postale. Kolmanskop appartenait à l’Afrique-du-Sud-Ouest allemande, une colonie fondée sur la violence et le génocide, qui a pris fin en 1915 et n’est devenue la Namibie qu’en 1990. Les ouvriers locaux travaillaient par journées de neuf heures, six jours sur sept, pendant que les salons accueillaient des bals. La salle de bal et le casino racontent donc moins une belle époque qu’une inégalité très bien organisée.

Les dates de départ des derniers habitants varient de 1954 à 1959 selon les sources, et le chiffre de 1956 correspond à la fermeture de l’hôpital. Les effectifs au sommet de la ville s’échelonnent de 350 à plus de 1 100 personnes selon que l’on compte ou non les travailleurs africains. Avant de citer l’un de ces chiffres, mieux vaut donc vérifier ce qu’il inclut, car les chiffres les plus bas omettent les 800 ouvriers locaux.

Sources : muchbetteradventures.com | hauntedsilence.com

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