Original et troublant, Le Champ des méduses du Serbe Oto Oltvanji (né en 1971 à Novi Sad) est construit un peu comme une maison. Avec des fondations, discrètes mais essentielles, où s’enracine la possibilité même du récit. Avec de grands appartements où se croisent et s’entrecroisent l’histoire et la grande Histoire, en l’occurrence celle de l’ex-Yougoslavie. Avec de mystérieux greniers où dorment des secrets terrifiants, mais bien enfouis. Son propos pourrait par ailleurs se résumer d’une phrase prononcée à la fin du livre par le personnage principal: «Ce pays était un pays violent, et il fallait que quelqu’un en parle.»
Le Champ des méduses commence en octobre 2009, dans le wagon-bar du train Belgrade-Bar (Monténégro), par la rencontre entre le narrateur et sa «future ex-femme». Lui, journaliste, a presque 40 ans. Elle, Lana Manic, presque 30. Quand elle relève qu’il fait plus jeune que son âge, il répond: «C’est parce que les années 1990 ne comptent pas.» Le ton est donné. Et sans préambule, le récit se poursuit dix ans plus tard avec un virage à 180 degrés.


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