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Life 20/03/2026 06:15
Politesse indispensable pour les uns ou montée de stress pour les autres, saluer ses pairs n’est pas un réflexe pour tout le monde.

AJ_Watt / Getty Images
Plutôt que saluer systématiquement, Jane applique désormais une autre règle : si elle croise le regard d’une personne, elle lui dit bonjour, par la voix ou par un petit signe de tête.
Il n’y a pas que sur les sentiers de randonnée que le « bonjour ! » lancé à la cantonade fait débat. Quand vous entrez dans une salle d’attente, un ascenseur bondé ou une boutique, saluez-vous systématiquement vos pairs ? Selon l’endroit où vous vivez et votre degré d’aisance sociale, votre réponse pourrait bien varier.
Pour certains, comme sous un post Reddit ayant suscité une petite centaine de commentaires à ce sujet, il s’agit avant tout d’une politesse indispensable. « C’est la base », souligne un internaute, « J’ai reçu de bonnes manières, je continue à les employer, donc oui je dis bonjour ! ». Ceux qui n’ont pas de réponse à leurs saluts blâment souvent un lieu de vie spécifique : la région parisienne.
C’est ce que pointe Jane*, qui a grandi en Martinique et pour qui la question du « bonjour » a été un vrai choc culturel en arrivant en Île-de-France. « Je me suis dit que les Parisiens étaient mal élevés », raconte-t-elle au HuffPost en riant.
Des différences régionales ?
« En Martinique, si tu rentres quelque part, tu dis bonjour. Si tu ne le fais pas, tu es sûre de te prendre une réflexion ! À Paris, ce n’est pas du tout le cas. Dans l’ascenseur, dès que je montais dedans, je disais bonjour, ou faisais un petit signe de tête. Mais j’ai eu tellement de moments où personne ne me répondait que maintenant, je ne le dis plus. » Plutôt que saluer systématiquement, elle applique désormais une autre règle : elle ne dit bonjour que si elle croise le regard d’une personne.
Mais la France ne se résume pas qu’à sa capitale, et selon les régions, les habitudes diffèrent. Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes s’amusent de ces différences de pratique, comme cette Parisienne qui, arrivée à Toulon, découvre que ses voisins de siège dans le bus la saluent (« ça change en bien », écrit-elle sous sa vidéo).
À Toulouse, une coutume est de notoriété publique, en montant dans un bus, il est indispensable de saluer le chauffeur, qu’on remercie aussi en descendant. D’après une étude empirique menée au sein de la rédaction (comprendre : en posant la question à nos collègues), c’est également le cas dans certaines villes du nord de la France, et l’habitude de saluer tout le monde en entrant dans un commerce, chez un médecin ou dans un bus semble être une habitude plus courante dans les petites villes que dans les grandes.
Un article du Figaro, titré « Dire bonjour à quelqu’un que l’on ne connaît pas est-il un réflexe de provincial ? », pointe plutôt la règle suivante : pour différencier les situations incongrues dans lesquelles saluer quelqu’un « Au beau milieu du Super Eut de Pont-l’Évêque » ou « Dans un parking sinistre » des situations acceptables, il faut mesurer la bonne humeur ambiante. « Le déclic qui pousse à saluer quelqu’un que l’on ne connaît pas est le sentiment de partager la même expérience ; un espace ou un moment agréable »
Difficile pour les anxieux
Si les défenseurs du bonjour insistent - à raison - sur l’importance de la politesse, la question ne s’y limite pas. Comme le rappelle l’humoriste Félix Junier, les personnes anxieuses (20 % de la population française sera touchée par l’anxiété au cours de sa vie) ont du mal avec les salutations. « Si un jour je ne te dis pas bonjour, ce n’est pas que je te snobe ou que je ne te respecte pas, c’est que tu me fais peur, tu me terrifies ! », raconte-t-il sur TikTok. Dans les commentaires, nombreux sont ceux qui abondent en son sens. « Le nombre de fois où je fais semblant de ne pas voir pour ne pas dire bonjour », écrit une internaute. Une autre raconte essayer de se forcer, difficilement « j’ai dit bonjour mais tellement je stresse je l’ai dit tout bas, personne n’a entendu. »
C’est bien pour ça que Yattara ne s’offusque pas quand on ne le salue pas. L’agent d’accueil de 38 ans est partisan du « bonjour » sur son lieu de travail, où il salue chaque personne qui entre dans le bâtiment, mais aussi en dehors, mais ne prend jamais personnellement une absence de réponse. « Parfois, les gens ont des problèmes, ils sont dans leur tête, ils ne répondent pas parce qu’ils n’entendent pas, ce n’est pas grave », nous explique-t-il.
Une bienveillance envers son prochain qui mériterait d’être un peu plus partagée. Un sondage de l’Ifop de 2025 pointait qu’en matière de civisme, les Français s’octroient à eux-mêmes une note de 7,5/10 contre un 5/10 à leurs concitoyens. Soit une bonne dose d’indulgence envers soi-même, couplée à de la sévérité envers les autres. Les calculs ne sont pas bons.
*Le prénom a été modifié


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