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Avant la première diffusion de la série en 2024 sur Prime Video, l’actrice qui joue Loana avait expliqué au HuffPost comment elle avait préparé le rôle.
Par Roméo Duhar et Valentin Etancelin
M6 propose ce mardi 31 mars les six épisodes de la série Culte sortie en 2024 sur Prime Video. La chaîne a avancé de quelques semaines la diffusion (prévue en avril pour le 25e anniversaire de Loft Story) « suite à l’émission suscitée par la disparition » de Loana Petrucciani.
Dans la série, c’est l’actrice Marie Colomb qui incarne la star de la téléréalité, vainqueure de la saison 1 au destin tragique. Avant la sortie de la série il y a 18 mois, la comédienne qui avait alors 29 ans avait répondu aux questions du HuffPost sur la manière dont elle avait préparé le rôle.
La suite de l’article est une republication de l’article du 18 octobre 2024.
Même chevelure blond platine, même pantalons taille basse et crop top en crochet… Si Loana Petrucciani n’a certes jamais eu les dents du bonheur, la ressemblance avec Marie Colomb, qui incarne la célèbre star du petit écran dans Culte - fiction évènement en six épisodes en ligne ce vendredi sur les coulisses de Loft Story -, est frappante. Cette comédie en six épisodes remonte aux origines du programme culte de M6 sur fond de manipulations et coups bas, non sans rappeler Unreal, géniale série américaine sur l’envers infernal d’une téléréalité de dating. Les drames, en moins.
Nous sommes, ici, au tournant des années 2000, et Big Brother bat des records de l’autre côté de la Manche. À Paris, on flaire la mine d’or. Une poignée de jeunes producteurs avides d’audiences (et d’argent) espèrent importer le format, symbole de modernité à leurs yeux. Les patrons des grandes chaînes, eux, sont plus réticents, voire carrément hostiles.
Malgré la fronde, un diffuseur relève le défi. Première victoire pour la petite équipe, certes. Mais à quel prix ? Raphaël et Isabelle (diabolique Anaïde Rozam dans cette héroïne inspirée d’Alexia Laroche-Joubert) ont quatre mois pour lancer l’émission, construire les studios, faire monter la mayo dans l’opinion publique et surtout, mettre au point un casting digne des meilleures sitcoms.
Le bon copain gay, la petite bourge, l’allumeur et bien sûr, la bimbo au cœur tendre, Loana. Dans Culte, elle est plus vraie que nature. Le mimétisme de son actrice va jusqu’à la manière de parler, de bouger. « C’était important d’aller sur une certaine ressemblance », explique au HuffPost son interprète, l’actrice Marie Colomb. Avant d’ajouter : « Le piège dans lequel on pouvait tomber, c’était d’aller uniquement dans l’imitation. »
Marie Colomb : « J’étais Loana »
La comédienne de 29 ans, aperçue notamment dans les films As Bestas, La Voie royale et Les Magnétiques, a enchaîné les interviews de Loana, s’est plongée dans les archives du Loft et la première autobiographie de la star, Miette, pour se préparer au rôle. Paru après son sacre devant 7 millions de Français, le livre a révélé au grand jour les violences commises par son père quand elle était enfant.
« C’était important de mettre tout mon cœur dans les scènes, et d’être tout le temps dans le on et off, c’est-à-dire de penser à la ressemblance tout en vivant l’instant présent », poursuit Marie Colomb. Loana a vu son casting, elle le sait. Les deux femmes, en revanche, n’ont pas eu l’occasion de se rencontrer. « Ça va se faire », assure l’actrice.
Marie Colomb avait 6 ans, en 2001. Trop jeune, donc, pour être aurorisée à regarder Loft Story, à l’époque. Mais une amie lui a récemment rappelé qu’elles s’amusaient à parodier l’émission dans la cour de récré. « Et j’étais Loana », nous confesse celle qui, plus tard, regardera volontiers la Star Academy ou Secret Story. « Ça fait partie de ma construction d’adolescente », concède-t-elle.
Qu’on ait suivi assidûment ou non ce qu’elle considère comme « les prémices de l’exploitation de l’intimité », vu ou même simplement entendu parler de « la scène dans la piscine », personne n’a pu échapper à Loana, ni à la suite de sa vie post-Loft Story, faite entre autres de violences conjugales, tentatives de suicide et addictions.
« C’est un peu comme notre Marilyn Monroe française, estime son interprète. Il y a des similitudes dans notre manière étriquée de la voir. » Marie Colomb déplore la vision binaire qu’on se fait du personnage : « Soit c’est la bimbo sans cerveau. Ce qui est faux. Même si ça veut tout et rien dire, elle avait un QI de 150 en entrant dans le jeu. Soit on parle d’elle comme la mauvaise mère qui a abandonné son enfant. »
Mission : réhabiliter Loana
Originaire d’un milieu populaire, l’ancienne go-go danseuse de boîte de nuit s’est défendue bec et ongles pour récupérer la garde de sa fille placée à la DDASS, contrairement aux dires des tabloïds à l’époque. « On ne montre jamais le courage de cette femme de s’en sortir. On ne voit jamais sa force », abonde Marie Colomb, selon qui la série pourrait réhabiliter l’héroïne au destin brisé.
Ses créateurs, Nicolas Slomka et Matthieu Rumani, ont collaboré avec Loana dans l’écriture. Ils disent dans les notes de production avoir voulu lui redonner une voix et montrer comment la jeune femme, utilisée par la production et sa propre famille (sa mère aurait vendu des photos exclusives de sa fille et son bébé à Paris Match), a tenté de reprendre le contrôle de son image.
Dans quelle mesure ne se servent-ils pas d’elle une fois de plus ? À quel point la mise en scène des mêmes évènements tragiques qui ont fait la Une vingt ans plus tôt ne remet-elle pas une pièce dans la machine ? « J’avais peur de ça », confesse Marie Colomb. La lecture du scénario a suffi de la convaincre. « Il n’y a pas de voyeurisme, ajoute-t-elle. Tout a été mis pour une bonne raison, sans faire de sensationnalisme. » Loft Story, c’est fini ?


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