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Le tribunal de Floride délivre un mandat d’arrêt contre l’ancien président cubain Raúl Castro
Publié le 20.10.2026 à 11h34 – Par Julien Morel – Temps de lecture 4mn
L’ancien président cubain Raúl Castro, âgé de 95 ans, est visé par un nouveau mandat d’arrêt délivré par un tribunal de l’État de Floride, après son inculpation fédérale en mai. La décision survient alors que Washington accentue sa pression sur La Havane, qui avait dénoncé les accusations américaines comme une « méprisable provocation politique ».
L’ancien président cubain Raúl Castro.Contexte historique de la relation Cuba‑États‑Unis
Cuba et les États‑Unis entretiennent depuis la guerre froide un antagonisme durable. Après la révolution de 1959, le pays a été placé sous embargo économique et diplomatique, tandis que les États‑Unis ont mené plusieurs tentatives de renversement du régime. Les incidents aériens des années 1990, notamment l’abattage des avions de l’organisation Brothers to the Rescue, ont marqué les relations bilatérales et ont conduit à des accusations de violation du droit international. Ces événements ont souvent servi de prétexte à des actions judiciaires ou diplomatiques, illustrant la fragilité du dialogue entre les deux nations.
Une juge de Floride a délivré un mandat d’arrêt contre l’ancien président cubain Raúl Castro dans une affaire remontant à 1996. La décision, prise au niveau de l’État, a été signée par Ariana Fajardo Orshan, du 11e circuit judiciaire de Floride, à Miami, le 19 octobre.
Les faits datent du 24 février 1996, lorsque l’aviation cubaine avait abattu deux avions Cessna 337 appartenant à l’organisation d’exilés cubains Brothers to the Rescue, basée à Miami. Quatre personnes avaient été tuées, dont trois ressortissants américains.
L’organisation repérait des migrants cubains tentant de rejoindre les États‑Unis par la mer. Elle menait aussi des actions contre le gouvernement cubain, notamment en larguant des tracts au-dessus de l’île.
Les circonstances de l’incident restent contestées. Washington affirme que les appareils ont été abattus au-dessus des eaux internationales. Cuba soutient, de son côté, qu’ils avaient violé son espace aérien et que les activités de l’organisation représentaient une menace pour sa sécurité nationale.
Enjeux juridiques et politiques
Le mandat d’arrêt émis par le tribunal de Floride soulève des questions de compétence internationale. Les tribunaux américains ont parfois été critiqués pour leur utilisation de la loi fédérale afin de poursuivre des dirigeants étrangers, ce qui peut être perçu comme une forme de pression politique. Dans le cas de Raúl Castro, la décision intervient alors que la France et d’autres pays ont appelé à la prudence, soulignant la nécessité de respecter les principes de souveraineté et de non-ingérence. Les implications pour la coopération judiciaire entre Cuba et les États‑Unis restent incertaines, surtout dans un climat où les sanctions économiques continuent de peser sur l’économie cubaine.
Des accusations rejetées par La Havane
À l’époque des faits, Raúl Castro était ministre cubain de la Défense. Frère cadet de Fidel Castro, il a ensuite dirigé le pays de 2008 à 2018, avant de céder la place à l’actuel président Miguel Díaz‑Canel.
Le mandat survient près de cinq mois après les accusations portées le 20 mai 2026 contre l’ancien dirigeant et cinq autres personnes. Les poursuites fédérales comprennent quatre chefs de meurtre, deux de destruction d’aéronefs et un de complot visant à tuer des ressortissants américains. Les cinq autres accusés sont d’anciens membres de l’appareil militaire cubain, dont trois pilotes.
Le nouveau mandat délivré en Floride porte, quant à lui, sur une accusation de complot en vue de commettre un meurtre au premier degré.
Les autorités cubaines avaient rejeté les accusations américaines de mai, dénonçant une « méprisable provocation politique ».
Les prochaines étapes dépendront en grande partie de la réaction de la communauté internationale. Si Cuba maintient son positionnement de rejet des accusations, il est possible que des négociations diplomatiques soient entamées pour éviter une escalade. Par ailleurs, les autorités américaines pourraient intensifier leurs démarches, notamment en sollicitant l’assistance d’autres juridictions ou en renforçant les sanctions ciblées. Les échéances légales, telles que les délais de procédure et les possibilités d’appel, resteront des éléments clés à surveiller dans les mois à venir.
Une décision sur fond de pressions américaines contre Cuba
Ce nouvel épisode judiciaire survient dans un contexte de fortes tensions entre Washington et La Havane. Un haut responsable de l’administration Trump avait déclaré que les poursuites engagées en mai s’inscrivaient dans une campagne de pression contre l’île.
Les relations se sont notamment dégradées après l’intervention américaine au Venezuela en janvier 2026, qui a conduit à la capture de l’ancien président vénézuélien Nicolás Maduro, l’un des principaux alliés du gouvernement cubain. Washington a aussi annoncé des mesures visant les pays qui approvisionnent Cuba en pétrole.
Pour sa part, la Russie maintient son opposition aux sanctions américaines visant l’île. En février, le président russe Vladimir Poutine a jugé ces restrictions inacceptables, tout en soulignant les liens historiques particuliers unissant les deux pays.
La position de la Russie, qui critique les sanctions américaines, pourrait influencer la dynamique régionale. Les liens historiques entre Cuba et la Russie, notamment en matière d’armes et de coopération scientifique, pourraient être renforcés si les États‑Unis poursuivent leur politique de pression. De plus, d’autres pays d’Amérique latine, observant de près les développements, pourraient réévaluer leurs propres relations avec Cuba, cherchant à équilibrer leurs intérêts économiques et politiques face à l’influence américaine.
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