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L’adaptation du roman de James Patterson revient dans une saison 2 ancrée dans l’actualité.
Passer la publicité Passer la publicitéIl est osé, quand on donne vie à un héros de papier, de lui concocter des enquêtes originales totalement déconnectées des romans qui ont fait sa renommée. C’est pourtant le choix de la série Cross. Le scénariste, Ben Watkins, espère faire ressortir sa saga du magma des fictions policières actuelles, en capitalisant sur le charisme du détective Alex Cross, né de la plume de James Patterson. « Notre ambition est d’être ancrés dans notre réalité et d’affronter les enjeux et controverses contemporains, pas seulement de vous proposer un bon thriller », assume le « showrunner ».
L’intrigue de la deuxième saison, sur Prime Video, résonne avec acuité dans une Amérique divisée par la politique anti-migratoire de Donald Trump et les raids de l’ICE. Cet écho a même déstabilisé Ben Watkins. « J’ai écrit la trame de cette saison il y a deux ans, guidé par le sentiment diffus que, vu la tournure des événements, tout le monde était lésé. Personne ne bénéficie d’un système qui prospère sur la misère. Je ne pensais pas que le futur nous donnerait hélas à ce point raison. » Ces huit épisodes inédits quittent les âpres hivers de Washington et de la côte est pour les plaines écrasées de soleil du Texas sur fond d’exploitation du travail des immigrés clandestins. Le lieutenant de police afro-américain Alex Cross traque un justicier autoproclamé qui cible des milliardaires peu scrupuleux trempant dans le proxénétisme et toutes sortes de trafics.
Une question de loyauté
Sa hiérarchie somme Cross de protéger Lance Durand (Matthew Lillard), magnat de l’agronomie utopiste, dont l’invention pourrait renforcer l’économie américaine. Le comédien et tueur du premier film Scream embrasse l’ambiguïté morale de la série. « Cross incite le téléspectateur à réfléchir sur les notions de bien et de mal. Là où tant d’autres fictions offrent une simple échappatoire à la réalité, la nôtre sonde les convictions intimes de ceux qui nous regardent », plaide Matthew Lillard.
Le doute s’installe chez Cross, qui sait à quel point son insigne de policier passe mal dans sa communauté, cible de bavures policières. Il s’identifie d’ailleurs davantage à la quête de justice du meurtrier qu’aux valeurs de ses victimes. « Notre première saison avait pour thème le complexe du héros, celle-ci gravite autour de l’amertume de la vengeance, qui contamine l’âme, prévient Ben Watkins. Qu’est-ce que signifie se faire soi-même justice ? Ce fantasme, nous l’avons tous eu sans généralement passer à l’acte. À quel moment dépasse-t-on les bornes de ce qui est justifiable même lorsque l’on défend de nobles causes ? »
Son héros est d’autant plus chamboulé qu’autour de lui tout se délite : sa relation avec son meilleur ami et collègue Sampson, son idylle avec une directrice d’ONG et même sa rivalité confraternelle avec l’agent du FBI Kayla Craig. « Cross n’ignore rien de la nature humaine. Il sait que, même chez les tueurs, se loge une part d’humanité. De la même manière qu’il a une conscience acérée de ses fêlures et de sa compulsion à faire ce qui est juste », pointe son interprète, Aldis Hodge. Et d’insister : « Cross sacrifie beaucoup à son travail mais sa loyauté absolue va à ses principes. Cela va engendrer un vrai dilemme. Il a remonté la pente une première fois. Mais il va à nouveau trébucher et devoir prendre des décisions dures et nécessaires. » Déjà brisé par le meurtre de son épouse, le « profiler » n’en a pas fini avec son cheminement vers la résilience.


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