Pedro Sanchez a réclamé une réunion des ministres de l’intérieur européens, tandis que le ministre de l’intérieur de l’Espagne a affirmé qu’« en moins de quarante-huit heures, la situation à Ceuta n’a[vait] plus rien à voir ». La plupart des 50 000 migrants entrés illégalement dans l’enclave espagnole sont retournés au Maroc.

Des navires de la protection civile participent à la mise en place de barrières flottantes au large de l’enclave espagnole de Ceuta, le 1ᵉʳ août 2026. - ANTONIO SEMPERE/AP Des navires de la protection civile participent à la mise en place de barrières flottantes au large de l’enclave espagnole de Ceuta, le 1ᵉʳ août 2026. ANTONIO SEMPERE/AP

Le point sur la situation, samedi 1er août à 13 h 30

  • L’Espagne a estimé samedi que la situation à Ceuta était « quasiment » revenue à la normale après le retour au Maroc de « presque » tous les migrants arrivés ces derniers jours dans l’enclave.
  • Sur les « 50 000-60 000 » migrants arrivés du Maroc cette semaine, plus de 48 000 sont déjà rentrés au Maroc, d’après le gouvernement espagnol. Au moins 67 personnes sont mortes, notamment de noyades, a précisé le ministre de l’intérieur espagnol, Fernando Grande-Marlaska.
  • Dans une lettre adressée aux chefs des institutions européennes, le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a dénoncé l’attitude de certains dirigeants de l’Union européenne, qui « va à l’encontre des intérêts à long terme » de l’Europe.
  • Depuis samedi, l’Italie, dont la première ministre d’extrême droite, Giorgia Meloni, a vivement critiqué l’action des autorités espagnoles, a rétabli des contrôles aux frontières aériennes et maritimes avec l’Espagne, qu’elle veut par ailleurs suspendre de l’espace Schengen, une mesure soutenue par la Finlande et le Danemark.
  • « L’Espagne n’a pas à quitter la zone Schengen, il n’en est absolument pas question », a, de son côté, déclaré le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez. La France a multiplié par cinq, passant à 334, le nombre de policiers et gendarmes en renfort à la frontière franco-espagnole, en pleines vacances d’été.

Ce direct est désormais terminé

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« Pas une seule personne n’a atteint l’Espagne continentale », affirme Ursula von der Leyen

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a affirmé que « la grande majorité » des personnes arrivées illégalement avaient « regagné le Maroc », grâce au « travail efficace des forces de l’ordre espagnoles et marocaines », ajoutant que « pas une seule personne n’[avait] atteint l’Espagne continentale ou le reste de l’Union européenne ».

Ursula von der Leyen a estimé que cette situation avait montré « pourquoi le contrôle des frontières européennes est essentiel », tout en jugeant que le dispositif actuel devait « être encore renforcé ». Elle a appelé à « rester vigilant à chaque point d’entrée critique », à améliorer la « résilience européenne » et a assuré que la Commission avait proposé son soutien à l’Espagne « dès le premier instant ».

Elle a enfin salué les appels à la tenue d’une visioconférence extraordinaire, estimant que la lutte contre l’immigration irrégulière exigeait « de la solidarité et une réponse européenne unie ».

« L’Espagne n’a pas à quitter la zone Schengen », selon Laurent Nuñez

Le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, a écarté l’idée d’une sortie de l’Espagne de l’espace Schengen. « L’Espagne n’a pas à quitter la zone Schengen, il n’en est absolument pas question », a-t-il déclaré lors d’un point presse consacré aux incendies en France.

Le ministre a insisté sur « l’importante coopération avec l’Espagne » en matière migratoire et a appelé à une mise en œuvre rapide des dispositifs européens déjà adoptés, « notamment le pacte sur l’asile et la migration ».

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Vingt-deux pays de l’UE demandent « une visioconférence d’urgence » des ministres de l’intérieur

Vingt-deux dirigeants de l’Union européenne (UE), dont la première ministre italienne et le chancelier allemand, ont demandé samedi une « visioconférence d’urgence » des ministres européens de l’intérieur pour évaluer et répondre à la situation.

« Nous ne pouvons permettre que des franchissements massifs et incontrôlés, l’instrumentalisation des migrations ou d’autres menaces hybrides donnent le sentiment qu’il est possible d’entrer illégalement dans l’Union européenne. Et qu’une entrée illégale puisse ensuite se transformer en séjour légal », estiment les 22 signataires d’une lettre ouverte.

« Les événements de ces derniers jours exigent une réponse européenne immédiate et coordonnée », disent-ils dans cette lettre adressée à la présidence irlandaise de l’UE, au président du Conseil européen, Antonio Costa, et à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

« Il est urgent que l’Europe réponde à l’immigration illégale », affirme Giorgia Meloni

La présidente du conseil italien, Giorgia Meloni, a réagi aux images de l’arrivée de migrants à Ceuta en affirmant qu’elles auraient « une nouvelle fois démontré à quel point il est urgent que l’Europe réponde à l’immigration illégale ». Elle a estimé que la protection des frontières extérieures de l’Union européenne (UE) constituait « une responsabilité partagée de l’Europe », et non « l’intérêt d’une seule nation ».

La dirigeante italienne a également rappelé que l’Italie avait promu, avec le Danemark, une lettre signée par 22 Etats membres de l’UE appelant à « renforcer les frontières extérieures », « combattre l’immigration irrégulière », « lutter contre les passeurs », « rendre les retours plus efficaces » et « éliminer tout facteur susceptible d’encourager de nouvelles entrées illégales ». Selon Giorgia Meloni, il s’agit d’« un signal important », la ligne défendue par Rome étant, selon elle, « aujourd’hui partagée par un nombre croissant de nations européennes ».

« Presque » tous les migrants arrivés ces derniers jours sont rentrés au Maroc, annonce le ministre de l’intérieur espagnol

La situation dans l’enclave de Ceuta est « quasiment » revenue à la normale et « presque » tous les migrants arrivés ces derniers jours sont rentrés au Maroc, a annoncé, samedi, le ministre de l’intérieur espagnol. « La crise ne peut évidemment pas être considérée comme terminée (…), mais nous disons que l’évolution est très importante », s’est félicité Fernando Grande-Marlaska lors d’une conférence de presse depuis Ceuta.

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« Un retour à la normale est en cours », selon le ministre de l’intérieur espagnol

A l’occasion d’une conférence de presse organisée depuis Ceuta à l’issue d’une réunion d’urgence sur la crise migratoire qui secoue l’enclave, le ministre de l’intérieur espagnol, Fernando Grande-Marlaska, a déclaré qu’« en moins de quarante-huit heures, la situation à Ceuta n’a plus rien à voir ». Avant d’ajouter qu’« un retour à la normale est en cours », en référence au renvoi de la quasi-totalité des migrants vers le Maroc. Selon un récent bilan, au moins 67 d’entre eux sont morts en essayant d’entrer à Ceuta. Le ministre a évoqué, samedi, des « événements tristes, dramatiques ».

Encouragées par des messages sur les réseaux sociaux, quelque 50 000 personnes ont rejoint illégalement l’enclave espagnole depuis jeudi, un afflux sans précédent. Mais la plupart d’entre elles ont déjà été contraintes de faire le chemin retour. Le Monde a rencontré plusieurs de ces jeunes gens dans le cadre d’un reportage publié samedi matin. « Je voulais venir à Sebta [Ceuta, en arabe] pour gagner de l’argent et aider mes parents à se faire soigner », explique l’un d’entre eux, Ziad Bousad, âgé de 23 ans.

Pedro Sanchez réclame une réunion des ministres de l’intérieur européens

Le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a dénoncé, samedi matin, l’attitude « égoïste » de certains pays de l’Union européenne face à la crise migratoire dans l’enclave espagnole de Ceuta et réclamé une réunion en visioconférence des ministres de l’intérieur des 27 Etats membres.

« Une telle attitude − motivée par les préjugés, les fausses informations, l’ignorance ou des intérêts politiques − est non seulement contraire au droit européen, au droit humanitaire et aux principes de solidarité qui nous unissent, mais elle va également à l’encontre des intérêts à long terme de l’Europe », a-t-il écrit dans une lettre adressée aux chefs des institutions européennes et consultée par l’Agence France-Presse (AFP).

Une barrière pneumatique installée dans la mer Méditerranée pour bloquer les migrants entre le Maroc et Ceuta

Pour empêcher les migrants de traverser à la nage entre le Maroc et Ceuta, une barrière pneumatique de 500 mètres de long est en cours d’installation dans la mer Méditerranée, a annoncé, samedi matin, le ministère de l’intérieur espagnol. Ce dernier doit tenir une conférence de presse dans l’enclave à 11 heures.

Soixante-sept migrants sont morts en tentant de rejoindre Ceuta à la nage, selon un nouveau bilan

Le nombre de migrants ayant trouvé la mort en tentant de rejoindre, du Maroc, l’enclave espagnole de Ceuta à la nage s’élève désormais à 67, selon le gouvernement espagnol, cité par l’agence de presse américaine The Associated Press. Aux dernières nouvelles, vendredi soir, il s’établissait à 57.

Des centaines de manifestants antimigrants devant l’ambassade du Maroc à Madrid

Plusieurs centaines de manifestants antimigrants se sont rassemblés, vendredi soir, devant l’ambassade du Maroc à Madrid pour dénoncer « l’invasion » migratoire en cours dans l’enclave espagnole de Ceuta, frontalière du Maroc.

« L’Espagne, chrétienne et pas musulmane ! » et « Unité nationale ! », ont scandé les manifestants à Madrid, pour beaucoup vêtus entièrement de noir, a constaté sur place un journaliste de l’Agence France-Presse. Devant le cortège, certains ont affiché une grande banderole « Remigration », un concept promu par de nombreuses formations d’extrême droite en Europe.

D’autres ont brandi des drapeaux rouge et jaune de l’Espagne, tandis que des voix se sont élevées pour « défendre l’identité espagnole ». Plusieurs manifestants ont tendu le bras, certains à visage découvert.

Le premier ministre, Pedro Sanchez, dont le gouvernement défend une approche ouverte en matière migratoire, à contre-courant de nombreux autres pays européens, a été visé par des insultes. Autour des manifestants, un important dispositif policier avait été mis en place devant l’ambassade du Maroc, avec notamment un hélicoptère et un drone de surveillance.

La manifestation, entamée à 20 h 30, s’est dispersée dans le calme une heure plus tard.

Des manifestants d’extrême droite devant l’ambassade du Maroc à Madrid, le 31 juillet 2026. Des manifestants d’extrême droite devant l’ambassade du Maroc à Madrid, le 31 juillet 2026.
Des manifestants d’extrême droite devant l’ambassade du Maroc à Madrid, le 31 juillet 2026. Des manifestants d’extrême droite devant l’ambassade du Maroc à Madrid, le 31 juillet 2026.

L’UE confirme qu’« aucune personne » ayant franchi la frontière marocaine pour se rendre à Ceuta n’est entrée sur le continent

Le commissaire européen aux affaires intérieures et aux migrations, Magnus Brunner, a confirmé vendredi sur X, après s’être entretenu au téléphone avec le ministre des affaires étrangères espagnol, José Manuel Albares, qu’« aucune personne » ayant franchi la frontière marocaine à Ceuta au cours des deux derniers jours n’était entrée sur le continent européen.

« Nous resterons en contact étroit et poursuivrons nos échanges avec les ministres à travers l’Europe », a ajouté M. Brunner.