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Crise énergétique : après avoir voulu enterrer les énergies fossiles, Bruxelles envisage de les subventionner

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L’Union européenne découvre un détail oublié dans ses plans climatiques : les citoyens doivent encore se chauffer.

Réunis à Bruxelles ce jeudi 15 octobre 2026, les dirigeants européens consacrent une partie de leur sommet à la flambée des prix de l’énergie. Et le discours commence sérieusement à changer. Dan Jørgensen, commissaire européen chargé de l’Énergie, admet que les gouvernements pourraient subventionner temporairement les combustibles fossiles pour soulager les ménages et les entreprises.

Bruxelles redécouvre les avantages du pétrole et du gaz

La condition posée par Dan Jørgensen ? Des aides « ciblées » et « temporaires ». Deux mots suffisamment rassurants pour permettre à Bruxelles de financer, en période de crise, des énergies dont elle souhaite réduire drastiquement la consommation.

Le commissaire n’annonce pas un programme européen de subventions déjà adopté. Il explique simplement que les États membres peuvent intervenir si nécessaire, sans abandonner officiellement les objectifs climatiques. Une souplesse qui tranche avec les discours habituels sur la sortie des énergies fossiles.

La situation économique explique ce changement de ton. Selon les estimations européennes rapportées le 15 octobre, l’Union a dépensé quelque 110 milliards d’euros supplémentaires en énergie depuis le déclenchement de la guerre contre l’Iran par les États-Unis et Israël.

Cette semaine, les prix européens du gaz ont atteint leur plus haut niveau depuis l’hiver 2022. Le pétrole mondial a grimpé autour de 92 dollars le baril. Des chiffres qui commencent à peser lourd, même dans les bureaux bien chauffés des institutions européennes.



La peur du vote populiste accélère les convictions

Dan Jørgensen a livré une autre explication à cette soudaine bienveillance envers les combustibles fossiles : la crainte des conséquences politiques.

Selon lui, si les Européens ne peuvent plus payer leurs factures à la fin du mois, ils risquent de se tourner vers les « populistes et les extrémistes ». Le commissaire rappelle également que près de 50 millions d’Européens rencontrent des difficultés pour chauffer leur logement, même lors d’une année ordinaire.

La pauvreté énergétique semble donc particulièrement préoccupante lorsqu’elle risque de se traduire dans les urnes. Après avoir expliqué pendant des années aux citoyens qu’ils devaient modifier leurs habitudes pour préserver le climat, Bruxelles découvre qu’un électeur transi de froid n’est pas nécessairement sensible aux sermons écologiques.

Cette inquiétude électorale ne fait toutefois pas disparaître les difficultés matérielles. Les ménages utilisent encore massivement le gaz et les produits pétroliers. Les entreprises, notamment industrielles, ne peuvent pas toutes remplacer leurs équipements du jour au lendemain. Comme le rappelait Jacques Sapir à propos du gaz russe, les besoins énergétiques ne disparaissent pas avec les décisions politiques.

Des règles climatiques déjà assouplies

Le changement de ton ne concerne pas uniquement les subventions. La Commission européenne a également proposé de reporter d’un an certaines obligations de son règlement sur le méthane concernant les importations de pétrole et de gaz. Leur entrée en vigueur était prévue au 1er janvier 2027.

Cette proposition intervient sous la pression de fournisseurs et de plusieurs gouvernements, notamment américain et français. Dans le même temps, certains États membres réclament un assouplissement du système européen d’échange de quotas d’émission, particulièrement son extension prévue au chauffage des bâtiments et aux transports.

Les mécanismes de plafonnement des prix et les marges de manœuvre budgétaires font également partie des discussions. Aucun accord général n’était toutefois confirmé au moment de ces déclarations.

La politique énergétique européenne fait depuis longtemps l’objet de critiques, notamment concernant les conséquences économiques de la transition écologique et les choix d’approvisionnement.



Une transition écologique confrontée à la facture

La Commission continue de défendre les énergies renouvelables et l’électrification comme solutions durables à la dépendance aux hydrocarbures importés. Une stratégie qui suppose cependant des investissements, des infrastructures et surtout du temps. Or, les factures arrivent chaque mois.

Les aides envisagées peuvent offrir un répit aux consommateurs. Elles ne règlent ni les problèmes d’approvisionnement ni la dépendance européenne aux marchés internationaux. Elles risquent aussi de coûter cher aux finances publiques si les prix restent durablement élevés.

Entre les sanctions contre Moscou, les tensions au Moyen-Orient et la propagande sur les exigences climatiques, Bruxelles découvre une équation particulièrement désagréable : les objectifs fixés pour 2050 ne permettent pas de régler une facture d’octobre 2026.

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