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Les appels liés à des surdoses présumées d’opioïdes ont plus que triplé à Middlesex-London au cours des cinq premiers mois de l’année. Des intervenants attribuent cette hausse à un approvisionnement en drogues de plus en plus toxique et à l'aggravation de la crise de l'itinérance.
Les services paramédicaux ont répondu à 642 appels pour des surdoses présumées d'opioïdes entre janvier et mai, contre 182 à la même période l'an dernier. Pour les organismes qui travaillent auprès des personnes consommatrices de drogues, cette augmentation n'a rien de surprenant.
Je vois des gens dans un état presque zombifié, raconte Mel Barrow, une résidente de London qui affirme avoir elle-même frôlé une surdose. Selon elle, le fentanyl et le carfentanil sont de plus en plus présents dans les drogues de rue.
Quand on est sous l'effet de la drogue, on ne sait plus vraiment où se tourner.
Au-delà des statistiques, plusieurs organismes communautaires disent constater une multiplication des surdoses dans leurs interventions quotidiennes. Cette hausse n'est toutefois pas propre à London.
Une tendance observée ailleurs en Ontario
Une analyse de CBC révèle que les appels liés à des surdoses présumées d'opioïdes ont également augmenté de façon marquée dans plusieurs villes de l'Ontario, notamment à Ottawa, Toronto, Hamilton et Thunder Bay.
À Hamilton par exemple, les appels pour des surdoses présumées d'opioïdes ont augmenté de près de 200 % entre janvier et mai, comparativement à la même période l'an dernier.
En juin, le gouvernement de l'Ontario a mis fin au financement de plusieurs sites de consommation supervisée, dont celui de London. Exploité par la Regional HIV/AIDS Connection, le Carepoint Consumption and Treatment Service a fermé ses portes le 13 juin.

Les services de consommation supervisée ont pris fin au Carepoint Consumption and Treatment Service le 13 juin, mais les autres services de réduction des méfaits et de soutien continuent d'être offerts au même endroit.
Photo : Radio-Canada / Matthew Trevithick
Selon le directeur général par intérim de la Regional HIV/AIDS Connection, Brian Lester, des dizaines de personnes fréquentaient quotidiennement le site avant sa fermeture. Au cours de l'année 2025-2026, le personnel y est intervenu pour 213 surdoses.
M. Lester estime que l'accès à davantage de trousses de naloxone et à la formation nécessaire pour les utiliser pourrait contribuer à prévenir des décès, en permettant aux témoins d'intervenir avant l'arrivée des services paramédicaux.
L'itinérance accentue la crise
Pour Brent Balfour, travailleur de proximité à London, l'augmentation des surdoses est aussi liée à la hausse du nombre de personnes en situation d'itinérance. Il affirme voir beaucoup plus de surdoses dans les rues du centre-ville qu'à son arrivée dans la ville, il y a environ trois ans. Selon lui, les drogues sont également devenues plus puissantes, poussant certaines personnes à rechercher des produits toujours plus forts.
La dépendance est tellement forte que les gens continuent à chercher de la drogue, même après une surdose.

Les services de vérification des drogues ont détecté la présence de tranquillisants dans des drogues de rue circulant à London.
Photo : Radio-Canada / Andrew Lupton
La directrice générale de London Cares, Chris Moss, affirme que ses équipes interviennent quotidiennement lors de surdoses tout en venant en aide aux personnes en situation d'itinérance. Selon elle, l'organisme rencontre chaque mois entre 50 et 60 personnes qui vivent une première expérience d'itinérance, ce qui accroît la pression sur les services communautaires.
Mme Moss estime que la hausse de l'itinérance contribue à l'augmentation de la consommation de drogues. Elle soutient également que le manque de financement accordé aux services de proximité et aux programmes destinés aux personnes en situation d'itinérance complique la réponse aux besoins grandissants de la communauté.
À mesure que de nouvelles personnes arrivent dans le système, il ne faut pas longtemps avant qu'elles tombent dans le cycle de la dépendance, dit-elle.
Nous avons diabolisé les personnes qui consomment des drogues au lieu de nous attaquer au véritable problème, en privilégiant une réponse axée sur la santé et le logement […] Je pense que nous devons changer notre façon de voir les choses.
Avec les informations de Jessica Singer de CBC


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