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Crise de la dette : après les émeutes, les marchés font payer la facture à Macron

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Macron avait été présenté comme le Mozart de la finance. Neuf ans plus tard, les contribuables financent toujours le concert, mais les créanciers viennent d’augmenter le prix des places.

Les marchés financiers sanctionnent la France après les émeutes

Les policiers peuvent disperser les manifestants. Face aux marchés obligataires, la méthode devient nettement moins efficace.

Lundi 19 octobre, les investisseurs ont exprimé leurs inquiétudes concernant la situation française. Selon les chiffres rapportés par Reuters, le rendement des obligations françaises à dix ans a grimpé de 0,13 point pour atteindre 4,9 %. L’indice CAC 40 a abandonné 1,1 %, tandis que l’euro reculait de 0,24 % face au dollar.

Plus inquiétant, l’écart entre les taux français et allemands a atteint 147 points de base, contre environ 110 fin septembre. Un niveau qui rappelle les tensions de la crise européenne de la dette de 2011-2012.

Les violences du 17 octobre ont accéléré la nervosité des investisseurs. Pillages, commerces saccagés et tensions politiques viennent désormais s’ajouter à une situation budgétaire déjà préoccupante.

Emmanuel Macron promettait une France attractive pour les investisseurs. Ces derniers commencent surtout à s’interroger sur le prix du risque français.

Le Mozart de la finance laisse une dette de plusieurs milliers de milliards

Les émeutes n’ont évidemment pas créé la dette publique française en un week-end.

Fin mars 2026, celle-ci atteignait déjà 3 536 milliards d’euros, soit 117,5 % du produit intérieur brut. Depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée en 2017, elle a augmenté de plus de 1 250 milliards d’euros.

Une progression que les crises sanitaires et énergétiques expliquent en partie, sans effacer la responsabilité politique des gouvernements successifs dans la gestion des dépenses et des déficits.

Nous avions déjà évoqué, en septembre, l’envolée des taux français à trente ans au-dessus de 5 %.

À l’époque, le taux à dix ans évoluait autour de 4,24 %. Il a donc gagné environ 0,66 point en six semaines.

Pour Bercy, l’exercice devient délicat : continuer à emprunter pour financer les déficits tout en promettant aux créanciers que les finances publiques seront bientôt maîtrisées.



Moody’s attend Macron au tournant le 23 octobre

Vendredi 23 octobre, l’agence Moody’s doit actualiser son appréciation de la dette française.

Selon le calendrier officiel de l’Agence France Trésor, la France bénéficie actuellement d’une notation Aa3, assortie d’une perspective négative.

Une dégradation n’est pas acquise. Elle pourrait cependant accentuer la défiance et contribuer à renchérir les futurs emprunts de l’État.

Le 2 octobre, Moody’s soulignait déjà l’incertitude entourant l’adoption du budget 2027, dans un paysage parlementaire fragmenté.

Les investisseurs n’ont pas besoin d’être convaincus que la France fera défaut demain. Il leur suffit d’estimer que lui prêter de l’argent devient plus risqué pour réclamer une rémunération supérieure.

Et chaque dixième de point supplémentaire finit par compter.

Après la ceinture des Français, celle des créanciers

Le gouvernement de Sébastien Lecornu envisageait déjà 54 milliards d’euros d’efforts budgétaires pour 2027. Retraites, aides au logement, fonction publique et arrêts maladie figuraient parmi les pistes étudiées.

Un programme d’austérité qui risque de devenir encore plus difficile à défendre dans un pays secoué par les tensions sociales.

La hausse des taux ne s’applique pas immédiatement à l’ensemble de la dette existante. Son coût se diffuse progressivement, lorsque l’État contracte de nouveaux emprunts ou refinance ceux arrivant à échéance.

Mais l’effet peut devenir considérable. Selon les estimations de la Cour des comptes, une hausse durable de 0,5 point des taux obligataires représenterait jusqu’à 16 milliards d’euros de charges supplémentaires par an au bout de dix ans.

Pendant ce temps, les difficultés financières gagnent également certaines collectivités. Fin septembre, l’Essonne annonçait suspendre ses versements à la CAF destinés au financement du RSA, confrontée à un trou budgétaire de 74 millions d’euros.



La prochaine étape se jouera vendredi, avec Moody’s. Emmanuel Macron avait été présenté comme le Mozart de la finance. Neuf ans plus tard, les contribuables financent toujours le concert, mais les créanciers viennent d’augmenter le prix des places.

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