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Dans un contexte de crise pour l’industrie de la mode, la marque emblématique du Space Age change ses plans et annonce le départ du créateur belge qui œuvrait à son réveil depuis cinq ans.
Le mercato de la mode n’en finit plus. Aucun groupe et peu de marques de premier plan y ont échappé ces derniers mois alors que les PDG s’arrachent les cheveux pour renouer avec la croissance et l’air du temps. C’est au tour de Courrèges d’officialiser sa rupture avec Nicolas Di Felice, son directeur artistique depuis cinq ans.
Pourtant, l’histoire avait bien démarré avec la première collection du créateur qui avait eu le bon goût de rééditer les classiques d’André Courrèges. Les blousons en vinyle et les tops en maille côtelée du Space Age, réactualisés par ses soins, sont un succès commercial. Le célèbre logo - créé par le fondateur à partir d’un A pour André et un C pour Coqueline - descend de nouveau dans la rue. On se prend à croire au retour de la marque longtemps restée figée dans les années 1960.
Son fondateur, André Courrèges, très malade depuis de longues années, n’est plus aux commandes depuis longtemps. Son épouse Coqueline Courrèges finit par vendre l’entreprise en 2011, au duo de publicitaires Frédéric Torloting et Jacques Bungert. Ceux-ci confient entre 2015 et 2017, les rênes créatives à Sébastien Meyer et Arnaud Vaillant, les deux jeunes Français derrière Coperni. En 2018, la griffe passe dans le giron d’Artémis, holding de la famille Pinault, et nomme l’Allemande Yolanda Zobel à sa direction artistique, mais la greffe ne prend pas.
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Avec Di Felice, Courrèges vit une embellie post-Covid. En 2024, à 40 ans, le designer est l’un des plus suivis par la jeunesse et ses collections parmi les plus rentables dans les grands magasins. Des boutiques ouvrent à New York en 2022 et à Séoul en 2023. Seulement, ces derniers temps, la machine à désir s’était enrayée, ce technicien hors pair, capable de travailler des heures sur le tombé d’une robe, semblait perdre le sens du produit.
Son dernier défilé, l’hiver 2026-2027 présenté début octobre, avait pourtant été apprécié. La garde-robe d’une femme Courrèges, efficace, moderne et sexy - mais aussi très sombre - n’a pas suffi aux dirigeants d’Artemis et le nouveau PDG de la marque, Marie Leblanc, nommé fin 2024.
Dans le communiqué officiel, la marque tient à saluer «le travail accompli et lui adresse ses vœux de succès pour la suite de son parcours. Courrèges annoncera la semaine prochaine l’arrivée d’un nouveau directeur artistique pour ouvrir un autre chapitre de son histoire créative.»
Nicolas Di Felice, lui, déclare : « Je souhaite exprimer toute ma gratitude au groupe et tout particulièrement à François Pinault et François-Henri Pinault pour leur confiance, ainsi qu’aux équipes et amis, dont le talent et l’engagement ont rendu cette aventure humaine et créative si précieuse. »
La dernière fois que nous avions vu le créateur, quand on lui demandait ce que lui avaient appris ces cinq années chez Courrèges, il répondait: «Un métier. J’ai découvert énormément de nouveaux domaines, l’image, la communication, la gestion des boutiques. Au départ, il y avait tout à faire. Courrèges était comme une page blanche. Mais ce qui m’a le plus transformé a été de travailler avec mes équipes au jour le jour, de rencontrer tous ces créatifs, des gens très sensibles, qui m’ont aidé à créer cette vision globale de la marque. Donc oui, quand je suis arrivé, j’étais simplement designer, aujourd’hui, je suis directeur artistique.»
Où le Belge va rebondir? Affaire à suivre. De son côté Courrèges annoncera son successeur la semaine prochaine.


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