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Arctic Gateway Group (AGG) a célébré lundi le chargement du premier navire céréalier à quitter le port de Churchill depuis 2020. Selon l’entreprise, le bâtiment mettra le cap sur l'Europe cette semaine.
Environ 30 000 tonnes de blé dur canadien, fournies par la société AGT Foods, basée en Saskatchewan, sont en cours de chargement au port de Churchill avant d’être expédiées vers l’Europe. Ce cargo est le premier d’une série de trois navires céréaliers attendus cette saison dans le cadre d’une entente intervenue entre les deux groupes.
Ce n'est qu'un début, mais cela va se poursuivre, a assuré lundi Michael Spence, maire de Churchill et président du conseil d'administration d'Arctic Gateway Group, lors d'un point de presse devant l'imposant navire.
Voilà à quoi ressemble un port de Churchill diversifié. Les céréales des Prairies à destination de l’Europe, les minéraux essentiels et la potasse du Manitoba qui rejoignent les marchés internationaux, ainsi que les biens de première nécessité acheminés vers le nord, vers les communautés du Nunavut
Selon un communiqué publié lundi, cette cargaison marque le coup d'envoi de la saison d'expédition la plus diversifiée de l'histoire du port manitobain.
Un deuxième navire est d’ailleurs attendu cette semaine pour charger du concentré de zinc ainsi que la toute première cargaison de potasse de l'histoire des installations, extraite au Manitoba par la Potash and Agri Development Corporation of Manitoba (PADCOM). Ces marchandises seront acheminées vers le port d'Anvers-Bruges, en Belgique.
Se tourner vers d’autres marchés
Plusieurs élus locaux, provinciaux et fédéraux, ainsi que des dirigeants autochtones, ont assisté à l'événement lundi.
Ce que vous voyez en ce moment, c'est le Canada qui fait preuve de solidarité, a déclaré la ministre fédérale des Affaires du Nord et de l’Arctique, Rebecca Chartrand.
Évoquant les tensions et les frictions commerciales accrues avec les États-Unis, la ministre a plaidé pour une diversification rapide des débouchés canadiens.
À l'heure où les États-Unis bousculent profondément leurs relations commerciales, nous nous concentrons sur ce que nous pouvons contrôler. Cela implique de consolider notre position sur le plan intérieur et de diversifier nos échanges afin de ne plus dépendre d'un seul partenaire commercial.
Cette reprise des activités survient alors que plusieurs études récentes suggèrent que la saison de navigation — actuellement limitée à quatre mois — pourrait s'étendre sur l'année entière grâce à des navires à coque renforcée capables de fendre les glaces marines.
Le premier ministre du Manitoba, Wab Kinew, absent lors de la cérémonie de lundi, a déjà fait savoir que le projet d’agrandissement du port de Churchill pourrait exiger entre 70 et 80 milliards de dollars, incluant l'aménagement éventuel d'un terminal de gaz naturel liquéfié (GNL).
Interrogée sur l'engagement financier d'Ottawa dans une future expansion, la ministre Rebecca Chartrand n'a pas avancé de nouveau montant, rappelant les sommes déjà allouées.
La ministre a rappelé que le gouvernement fédéral a déjà injecté 375 millions de dollars dans les installations depuis 2017, dont une récente tranche de 175 millions.
Nous savons que des investissements en infrastructures sont incontournables pour faire croître les installations, et ces dossiers sont actuellement à l'étude, a-t-elle affirmé.
Les premières expéditions de céréales par le port de Churchill remontent à 1931. Le service avait été interrompu entre 2016 et 2018 à la suite du bris de la ligne ferroviaire de la Baie d'Hudson.
Malgré une brève reprise en 2019 après le rachat des actifs par le consortium Arctic Gateway, les activités céréalières avaient été mises sur pause à compter de 2021 en raison des répercussions de la pandémie de la COVID-19.


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