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Coudre pour ne plus jeter : incursion dans la mode du surcyclage

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Le Canadien moyen jette 37 kg de vêtements par année. Devant l'insuffisance des infrastructures de recyclage, de nouvelles initiatives citoyennes tentent de transformer ce fardeau écologique en possibilité économique.

Chaque année, les garde-robes des Canadiens débordent, puis se vident... directement à la poubelle. Pour freiner ce gaspillage, une solution gagne du terrain: le surcyclage.

En Alberta, des audits municipaux révèlent que les textiles représentent désormais jusqu’à 10 % des ordures ménagères. Or, Jennifer Koole, directrice générale du Conseil du recyclage de l'Alberta, dit que la pollution visuelle dans les décharges n'est que la pointe de l'iceberg.

L’impact ne se limite pas aux décharges. Il concerne toutes les ressources nécessaires à la fabrication : les émissions de gaz à effet de serre et la consommation d'eau sont colossales.

L'industrie textile génère environ 20 % des eaux usées industrielles mondiales. À titre d'exemple, le fait de prolonger la vie d'un seul vêtement permet d'économiser plus de 2000 litres d'eau, selon un rapport (nouvelle fenêtre) de l’Association nationale du recyclage textile pour les causes charitables (ANTRC).

Le gaspillage textile annuel par personne

États-Unis : 52 kg

Canada : 37 kg

Union européenne : 11 kg

Royaume-Uni : 8 kg

Source : Association nationale du recyclage textile pour les causes charitables

Apprendre à faire soi-même

Pour répondre au manque d'infrastructures de recyclage à grande échelle, des ateliers comme Blenderz Garment Recyclers, à Edmonton, proposent une solution concrète. Ce centre zéro déchet combine friperie, école de couture et usine de transformation.

Nous trouvons une utilité à tout ce que nous recevons, explique sa fondatrice, Sarah Janzen. Si un vêtement est trop abîmé pour être revendu, il est désinfecté et déchiqueté pour devenir de la rembourrure de coussin ou du matériel de pratique pour les élèves.

Chaque semaine, l'entreprise traite environ 1800 kg de tissus.

Sarah Janzen explique que la solution passe par l'autonomie des consommateurs. On leur montre qu'on peut fabriquer un pantalon de pyjama en seulement trois heures.

Elle note aussi un gain de popularité dans le contexte inflationniste actuel. Cela permet de réduire des dépenses.

Les friperies : une solution imparfaite?

Si le marché de l'occasion est en pleine croissance, Sarah Janzen apporte une nuance importante. Elle qualifie certaines grandes chaînes de mode éphémère d'occasion.

Plusieurs friperies vendent leurs surplus à des trieurs qui finissent par exporter les vêtements, déplore-t-elle. Elle conseille plutôt de privilégier les plateformes de dons locaux ou la revente directe pour s'assurer que le vêtement reste dans un circuit court.

Le Canada accuse un certain retard par rapport à l'Europe, estime Jennifer Koole, du Conseil du recyclage de l'Alberta. En France, le principe de la Responsabilité élargie des producteurs force les marques à financer la gestion de la fin de vie de leurs produits.

Rien de tel n'existe encore au pays, où 76 % des 1,3 million de tonnes de textiles jetés chaque année finissent au dépotoir, selon l’ANTRC.

En attendant une loi plus stricte, le changement repose sur les épaules et les aiguilles des citoyens, déplore Jennifer Koole .

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