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Les conséquences des contre-tarifs canadiens sur des produits américains s’annoncent moins graves en Atlantique, qu’ailleurs au pays. C'est l'analyse que fait Pierre-Marcel Desjardins, professeur d’économie à l’École des hautes études publiques de l'Université de Moncton.
Le gouvernement fédéral a imposé à minuit des contre-tarifs douaniers de 15 %, de 25 % et de 50 % sur des produits américains d’une valeur de 27,6 milliards $ vendus au Canada. Ottawa réplique ainsi aux droits de douane de 50 % que l’administration de Donald Trump a imposés le 22 août à des produits canadiens d'une valeur égale, soit 27,6 milliards $, vendus aux États-Unis.

L'économiste Pierre-Marcel Desjardins. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Patrick Lacelle
Trois des quatre provinces de l’Atlantique sont moins touchées que d'autres, estime Pierre-Marcel Desjardins.
Donc, Terre-Neuve-et-Labrador est la province qui exporte le moins aux États-Unis. L’Île-du-Prince-Édouard et le Nouveau-Brunswick seront un peu plus épargnés par les mesures, dit-il.
Mais la Nouvelle-Écosse est plus touchée par les mesures tarifaires américaines, en particulier on s’attaque au secteur du pneumatique. On sait qu’il y a des usines Michelin en Nouvelle-Écosse.
Les provinces les plus touchées par les tensions commerciales sont la Colombie-Britannique, l'Ontario, le Québec et la Nouvelle-Écosse, selon M. Desjardins.
Pour changer des habitudes des consommateurs
Les contre-tarifs canadiens s'appliquent aux secteurs visés par les droits de douane américains, notamment l'acier, les produits laitiers, les électroménagers, le matériel agricole, les pâtes et papiers et l'électronique.
La logique, c’est de dire qu'on va cibler les entreprises américaines ou les produits américains dans les mêmes secteurs où les Américains nous ont ciblés pour que le consommateur canadien transfère sa consommation des entreprises américaines vers les entreprises canadiennes, explique Pierre-Marcel Desjardins.
Mais parce qu’on était initialement moins ciblés par les Américains, les contre-tarifs également auront moins d’impact au Canada atlantique.
Les industries de l’électricité, du pétrole et des produits de la mer, très importantes en Atlantique, ne sont pas touchées. Donc, dans ce contexte-là, je ne vais pas dire que tout est beau, mais on s'en tire un peu mieux qu'ailleurs au pays.
Possibilités d’être plus concurrentiels et diversifiés
Certaines entreprises canadiennes qui font principalement concurrence à des entreprises américaines dont les produits au Canada sont désormais tarifés de 15 à 50 % deviennent subitement plus concurrentielles.
Donc, il y a des possibilités d’accroître notre production, d’accroître notre marché, d’être encore plus rentable. Pour des entreprises canadiennes, ce sont des opportunités, tout comme les entreprises américaines face aux produits tarifés du Canada, affirme M. Desjardins.

L'acier, le fer et l'aluminium sont visés par les nouvelles surtaxes imposées par le Canada. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Nick Iwanyshyn
L’économiste espère toutefois que les tensions commerciales soient de courte durée. Dans ce contexte d'incertitude, il recommande aux entreprises de diversifier leurs marchés. Le bilinguisme devient alors un atout pour développer le commerce avec des pays francophones.
Oui, la francophonie européenne. On peut penser à la France, à la Belgique, à la Suisse [et à] la francophonie en Afrique, de l’Ouest particulièrement, où il y a une classe moyenne extrêmement importante, un pouvoir d’achat sous-estimé ici au Canada. Donc, c'est une opportunité à développer, ajoute Pierre-Marcel Desjardins.
Des PME menacées
Louis-Philippe Gauthier, vice-président en Atlantique de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, espère que le gouvernement fédéral utilise les revenus des contre-tarifs pour aider les petites et moyennes entreprises (PME) à survivre aux tensions commerciales.

Louis-Philippe Gauthier, vice-président pour la région Atlantique à la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Patrick Lacelle
Certaines PME voient leurs coûts augmenter dangereusement, selon lui.
Un coût médian de 65 000 $ par mois pour les entreprises qui sont affectées, ça va être difficile pour elles de juste absorber ça longtemps. On a déjà 18 % de nos membres qui font de l’importation et 11 % qui font de l’exportation, qui nous disent qu’après trois mois, leur entreprise n’est plus viable, explique M. Gauthier.
Ottawa a prévu 7,5 milliards $ pour aider les entreprises touchées. Des provinces ont aussi promis de l’aide.
D'après des renseignements de Janic Godin et de l'émission La matinale


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