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À Vancouver, la bataille judiciaire entre 15 jeunes Canadiens et le gouvernement fédéral s’est ouverte lundi matin à la Cour fédérale.
Les demandeurs ont obtenu leur première audience sept ans après avoir déposé leur recours en 2019 pour dénoncer l'inaction climatique d'Ottawa.
La Ténoise Kira Young a été la première de ce groupe à témoigner des conséquences des changements climatiques sur sa vie.
Elle a raconté l’évolution des feux de forêt dans le Nord canadien. Des photos personnelles, montrant notamment le balcon de sa demeure familiale où un lever de soleil orangé teintait l’horizon, ont ponctué son témoignage.

Un ciel orangé couvrait le centre-ville de Yellowknife en 2023, en raison de la fumée des feux en Alberta.
Photo : Carson Asmundson
Le cœur de sa déposition concernait cependant l’évacuation de sa ville natale, Yellowknife, en 2023. Je m'inquiétais tellement, a-t-elle affirmé.
Elle a expliqué son désir de se joindre à cette démarche judiciaire afin de lutter pour un avenir dans lequel les gens n’ont pas besoin de plier bagage et tout quitter en moins de 36 heures.
Un argument constitutionnel
L’argumentaire présenté en ouverture de l’audience par l’avocate des plaignants, Catherine Boies Parker, s’appuie en majorité sur les droits constitutionnels des jeunes.
D’après les jeunes, et leurs avocats, les feux de forêt, les canicules et les inondations issus de la crise climatique menacent ce droit fondamental à la vie, à la liberté et à la sécurité garanti par l’Article 7 de la Charte canadienne des droits et libertés.
Ils demandent donc au tribunal d'intervenir pour forcer le gouvernement fédéral à réorienter ses politiques en faveur de leur avenir.

Les enjeux climatiques recoupent des compétences externes au gouvernement fédéral, risquant ainsi un empiétement d'Ottawa, estime la défense.
Photo : Radio-Canada / Benoit Roussel
Selon les procureurs fédéraux, la conception et la supervision des politiques climatiques relèvent de l'exécutif, du Parlement et de facteurs externes, et non du pouvoir judiciaire.
D’après ces derniers, des changements majeurs dans ce dossier impliqueraient des modifications pour tous les ordres de gouvernement, de l'international au local. Selon la défense, il s'agit d'un souhait incompatible avec l'étendue des compétences fédérales.
Les deux parties auront entre quatre et cinq semaines pour convaincre la Cour fédérale.
Les audiences doivent se poursuivre avec des témoignages des jeunes plaignants et des dépositions d'experts au moins jusqu'au 20 novembre.
Les plaidoiries finales de la défense et des plaignants sont prévues, pour le moment, au mois de février.


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