L'Élysée est dans le viseur de la police judiciaire. Selon le parquet national financier, les policiers parisiens se sont rendus devant le palais de l'Élysée ce lundi en vue de perquisitionner des services de la présidence à la demande d'un juge d'instruction. Tout cela dans le cadre d'une enquête portant sur les conditions d'attribution des cérémonies d'entrée au Panthéon.
La police judiciaire s'intéresse de près aux contrats passés entre l'Élysée et l'entreprise "Shortcut Events". Une entreprise d'événementiel qui a été chargée entre 2002 et 2024 d'organiser des cérémonies de panthéonisation.
Chaque panthéonisation était facturée à hauteur de deux millions d'euros à l'État
Pendant plus de 20 ans, c'est cette même et unique entreprise qui a systématiquement a été choisie. Ce qui interroge sur les conditions d'attribution de ces marchés publics à travers les différents quinquennats de Nicolas Sarkozy à Emmanuel Macron, en passant par François Hollande.
L'information judiciaire a été ouverte à l'automne dernier pour "favoritisme", "prise illégale d'intérêt", "corruption" et "trafic d'influence". L'accès dans les services de l'Élysée a été refusé aux enquêteurs et au juge. Opposition motivée par l'article 67 de la Constitution selon lequel les locaux rattachés à la Présidence de la République sont inviolables.
Au même moment, d'autres lieux étaient perquisitionnés, notamment des domiciles. L'enquête se poursuit donc. Selon des informations de presse, non confirmées à ce stade, chaque panthéonisation était facturée à hauteur de deux millions d'euros à l'État.
La société en question compte environ 30 salariés. Elle s'est aussi chargée d'organiser l'inauguration en 2023 de la Cité de la Francophonie, à Villers-Cotterêts, ou encore les festivités du 80e anniversaire du Débarquement, à Omaha Beach, en juin 2024.


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