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Consommation. Prix du lait : les distributeurs exigent « plus de transparence » aux industriels

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En vue des négociations à venir sur le prix du lait français, les principales enseignes de supermarchés ont réclamé ce jeudi « plus de transparence » aux industriels du secteur laitier. Selon elles, cette demande permettrait d’assurer une meilleure rémunération des éleveurs.

La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 15:48 | mis à jour aujourd'hui à 16:39 - Temps de lecture :

Les éleveurs ont récemment tenté de mettre la pression sur les industriels, faisant valoir que le manque de fourrage lié à la sécheresse faisait exploser leurs coûts. Photo d'illustration Sipa/Patrick Siccoli Les éleveurs ont récemment tenté de mettre la pression sur les industriels, faisant valoir que le manque de fourrage lié à la sécheresse faisait exploser leurs coûts. Photo d'illustration Sipa/Patrick Siccoli

Prix du lait, origine... Les principales enseignes de supermarchés ont réclamé ce jeudi « plus de transparence » aux industries laitières pour assurer, selon elles, une meilleure rémunération des éleveurs, donnant le ton à deux mois de l’ouverture de négociations tarifaires qui s’annoncent houleuses. « Le lait français et ceux qui le produisent ne peuvent pas être les variables d’ajustement de négociations menées par certains industriels dans l’opacité », a déclaré la déléguée générale de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) Judith Jiguet - qui réunit E. Leclerc, Carrefour ou encore Intermarché.

Cette prise de position intervient au moment où éleveurs et grands industriels négocient pour définir les formules de prix du lait qui seront appliquées dans les prochains mois, et en amont des tractations tarifaires annuelles entre distributeurs et fournisseurs déterminant les prix en rayon (hors marques de distributeurs).

Manque de fourrage, hausses des prix des emballages et de l’énergie...

Les éleveurs ont récemment tenté de mettre la pression sur les industriels, faisant valoir que le manque de fourrage lié à la sécheresse faisait exploser leurs coûts. Les industriels invoquent de leur côté les hausses des prix des emballages et de l’énergie liées à la guerre au Moyen-Orient, assurant ne pas pouvoir revaloriser le prix payé aux éleveurs, en chute depuis plusieurs mois. Les distributeurs chercheront, eux, à limiter une inflation inéluctable dans les rayons. Dans ce contexte, « on en appelle à la responsabilité de toute la chaîne [...] pour faire passer d’abord le producteur laitier », résume Judith Jiguet. Les négociations prévues de décembre à mars entre distributeurs et industriels sont encadrées par la loi Egalim, censée protéger le revenu des agriculteurs en sanctuarisant le prix de la « matière première agricole ».

Les industriels doivent conclure leurs accords « avec les producteurs laitiers » en amont, mais « ce n’est pas toujours » le cas, assure Judith Jiguet. La FCD réclame que cette « contractualisation entre producteurs et industriels intervienne avant toute négociation avec la distribution ». Elle exige aussi que les hausses éventuelles de la matière première agricole soient « respectées et reversées aux producteurs » et appelle les industriels à « maintenir les volumes de lait français, comme les distributeurs s’y engagent pour » leurs marques propres.

« Nous ne sommes pas dupes »

La FCD prône également l’affichage, sur les produits, de l’origine des laits et ingrédients laitiers utilisés, un mois après avoir lancé, avec la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) et la Coopération laitière, le logo « Lait de France ». La Fédération nationale de l’industrie laitière (Fnil) n’avait pas rejoint cette initiative, invoquant notamment un trop grand nombre de logos existants.

Dans un communiqué publié ce jeudi, la FNPL, association spécialisée d’éleveurs laitiers de la FNSEA, syndicat agricole dominant, a salué « la prise de conscience des enseignes de la grande distribution », y voyant un « signal positif ». Mais « nous ne sommes pas dupes », a-t-elle ajouté : « le sort des éleveurs ne restera pas longtemps au cœur des discussions dans les boxes de négociation, où les déclarations d’aujourd’hui seront rapidement confrontées à la guerre des prix ». La FNPL appelle à « des actes » et un « effort collectif » des « entreprises de transformation » comme de la « restauration hors foyer ».

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