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Comment vivre avec l’anxiété causée par les guerres?

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Vous sentez-vous stressé en lisant les manchettes détaillant les dernières évolutions du conflit opposant les États-Unis et Israël à l’Iran ? Qu’en est-il lorsque Donald Trump proclame ses menaces d’annexion du Canada ? Le Devoir décrypte le phénomène et propose des trucs pour combattre ce stress né des crises géopolitiques qui semblent s’enchaîner.

Au même titre qu’une situation stressante personnelle, comme la recherche d’un emploi, les crises géopolitiques provoquent leur lot d’incertitudes, un élément souvent à l’origine du stress, explique d’emblée la psychologue Geneviève Beaulieu-Pelletier. « On est beaucoup dans le sentiment de ne pas avoir de contrôle, et ça, ça peut faire activer davantage notre stress », soutient-elle. Elle note d’ailleurs que l’on peut aussi éprouver de l’anxiété par empathie pour les gens qui vivent le conflit de plus près.

Frederick Philippe, professeur au Département de psychologie de l’Université du Québec à Montréal, mentionne d’ailleurs qu’avoir peur des conséquences possibles de certaines situations internationales est normal. « Même si le risque que des conséquences nous touchent est faible, ça crée de l’incertitude, parce que ça reste en partie basé sur des éléments réels », dit-il, en citant les menaces d’annexion du président américain comme exemple d’une situation dont la symbolique peut faire particulièrement réagir certaines personnes.

Selon Christine Grou, présidente de l’Ordre des psychologues du Québec, « l’accumulation d’événements géopolitiques anxiogènes » peut aussi venir accentuer le stress ressenti.

« C’est comme une usure », illustre ainsi Mme Beaulieu-Pelletier. « C’est normal de vivre du stress. On est capables, humainement, de faire face à plein de situations. C’est juste qu’à un moment donné, on en vient à un état de stress chronique où les situations s’accumulent et ne se règlent pas. Donc, on est constamment à l’affût,, et ça vient user notre système nerveux. »

En raison de l’efficacité des systèmes de communication modernes, les crises peuvent aussi sembler plus proches les unes des autres, ce qui peut amplifier le phénomène, note aussi M. Philippe.

Comment gérer ce stress ?

Si cette anxiété est liée à des situations hors de notre contrôle, comment la gérer ? Les trois psychologues contactés par Le Devoir sont catégoriques : un « équilibre » dans sa consommation médiatique peut être la clé. « Il faut rester bien informés, mais aussi savoir décrocher, c’est fondamental », indique Mme Grou.

« Idéalement, on priorise les sources crédibles, mais on évite de consommer les nouvelles en quantité trop abondante. On ne veut pas être dans le flot continu et ne plus avoir de recul », poursuit Mme Beaulieu-Pelletier, qui recommande aussi d’arrêter de consulter des sources plus sensationnalistes.

Pour Frederick Philippe, il est aussi important de se rappeler que l’anxiété est naturelle et qu’elle est « une information de la réalité, non pas la réalité ». « Si je suis anxieux [parce que je crains] que du terrorisme iranien se développe au Canada, eh bien, ça ne veut pas dire que c’est ce qui va arriver », illustre-t-il.

Une autre piste pour sortir d’un cycle anxiogène peut paraître simple à premier vue : il suffit de se « mettre en action », affirme Christine Grou. « Parce que la pire chose qui peut arriver à quelqu’un, c’est d’être dans la rumination et dans les pensées obsédantes. »

Quand on est anxieux, « l’idéal est de ne pas penser à ce qui va se passer l’année prochaine ou le mois prochain, mais de se centrer sur le moment présent », explique la présidente de l’Ordre des psychologues du Québec. Elle recommande d’ailleurs de nourrir son cerveau et d’activer son corps pour se changer les idées. En prime, cela permet de donner du repos à son cerveau, fatigué par le stress constant.

Face à des situations plus grandes que nature, cibler les éléments sur lesquels on a du contrôle peut aussi être bénéfique, selon Geneviève Beaulieu-Pelletier. « Ce n’est pas obligé que ce soit des actions militantes, ça peut être sur des éléments du quotidien », précise la psychologue.

Ce conseil s’applique aussi dans le cas du stress financier qui peut naître à la suite des crises mondiales. Vous craignez pour vos investissements après la chute des Bourses en raison des attaques israélo-américaines en Iran ? « Préparez un plan de match financier : on a généralement le contrôle là-dessus », soutient Mme Grou, avant de résumer sa pensée : « Quand on agit, on change de posture et on récupère du contrôle sur notre vie, sur notre avenir et sur nos possibilités. »

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