Moins de cinq ans après l’arrivée de ChatGPT, une certitude s’impose dans les écoles, les hautes écoles et les universités: l’intelligence artificielle générative ne disparaîtra pas. Elle rédige, résume, traduit, explique, génère des exercices, prépare des présentations et répond à des questions de plus en plus complexes. Pour les étudiants comme pour les enseignants, la tentation est grande d’y voir un formidable accélérateur de connaissances. Pourtant, derrière cette apparente révolution se cache une interrogation bien plus fondamentale. Que devient l’apprentissage lorsque les tâches traditionnellement confiées à l’apprenant peuvent être réalisées en quelques secondes par une machine?
Cette question traverse aujourd’hui le monde académique. Les réponses restent prudentes, loin des discours alarmistes comme des promesses parfois excessives de la Silicon Valley. Les premiers travaux scientifiques invitent surtout à distinguer deux notions souvent confondues: produire un résultat et apprendre réellement. L’ouvrage collectif L’éducation à l’épreuve de l’intelligence artificielle, publié chez EPFL Press et dirigé par Ambroise Baillifard et Henrietta Carbonel, collaborateurs scientifiques à UniDistance, rappelle d’ailleurs que l’histoire de l’éducation est jalonnée de technologies présentées comme révolutionnaires – radio, télévision, informatique ou internet – sans qu’aucune n’ait bouleversé durablement les mécanismes fondamentaux de l’apprentissage. La véritable question n’est donc pas ce que l’intelligence artificielle est capable de faire, mais ce qu’elle change dans la manière dont l’être humain construit ses connaissances.


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