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Informer et fédérer des militants de gauche et d'extrême gauche venus de différents pays afin de constituer un réseau solide et étendu: tel est l'objectif officiel du Sovintern, réseau socialiste international créé par la Russie au printemps 2026. Comme le rappelle The Insider, son nom fait écho à celui du Komintern, l'Internationale communiste de l'époque soviétique, que Moscou utilisait pour coordonner les partis communistes étrangers et étendre l'influence soviétique bien au-delà de ses frontières.
Lors du forum fondateur de l'organisation, qui s'est tenu en avril, le président russe Vladimir Poutine a tenu lui-même le discours de bienvenue, preuve de l'enthousiasme du Kremlin pour ce type d'initiative. Il faut dire qu'à l'instar du Komintern en son temps, le Sovintern semble également servir de couverture aux «opérations spéciales» russes à l'étranger. De fait, plusieurs de ses membres participent directement au recrutement de soldats étrangers –mais aussi de propagandistes– pour la guerre en Ukraine.
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Moscou ciblerait principalement des militants se réclamant du socialisme, du communisme ou de l'antifascisme. Son discours officiel consiste à présenter la guerre contre l'Ukraine comme une lutte contre le fascisme et contre l'OTAN. Ce récit est conçu pour convaincre certains militants occidentaux déjà critiques des États-Unis ou de l'Alliance atlantique.
Un système bien rôdé
D'après l'investigation menée par le média indépendant russe, très critique vis-à-vis de la politique menée par le Kremlin, les recrues ne sont pas uniquement motivées par leurs convictions politiques. Certaines recherchent un sens à leur engagement, une aventure personnelle, une reconnaissance ou encore une rémunération. À l'affût, les recruteurs russes sont en permanence en quête du meilleur argument qui leur permettait de faire basculer une cible dans leur camp.
The Insider décrit en outre un réseau de recruteurs, d'intermédiaires et d'organisations qui faciliteraient le voyage des volontaires vers la Russie. Ces structures apporteraient une aide administrative, logistique et parfois financière afin que les candidats puissent rejoindre les forces armées russes ou des unités qui leur sont liées.
Ce processus se base sur une forte dose de propagande, puisque les réseaux sociaux, les chaînes Telegram, certains médias prorusses et des groupes militants servent à diffuser des récits favorables à Moscou. En entretenant les contacts avec les sympathisants, l'objectif est de transformer le soutien politique en engagement militaire.
Cette stratégie dépasse le simple recrutement de combattants: elle viserait aussi à créer des relais d'influence en Occident, afin de diffuser les arguments du Kremlin, de légitimer la guerre et d'alimenter les divisions politiques au sein des sociétés européennes. Les types de profils recherchés sont variés, et chaque militant ciblé se voit proposer un poste qui correspond à ses compétences.
Cette forme de recrutement illustre l'évolution des méthodes d'influence russes depuis la fin de l'URSS. Si le contexte idéologique a changé, Moscou cherche toujours à mobiliser des sympathisants étrangers pour servir ses intérêts géopolitiques. The Insider souligne un autre point commun avec le Komintern: bien souvent, une fois qu'ils ont fait leurs preuves, les recrutés deviennent recruteurs, moyen le plus efficace de faire tomber dans la toile russe autant de militants étrangers que possible.





























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