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Le 2 septembre 2026, tous les élèves des écoles de la République des Komis, au nord-ouest de la Russie, ont assisté à un cours en l'honneur du caporal Alexander Vlasenkov. Ce dernier avait reçu à titre posthume le titre de «Héros de la Russie», après avoir perdu la vie au combat en Ukraine. Pour lui rendre hommage, les écoles de sa région d'origine ont diffusé un film à sa gloire, retraçant partiellement son parcours.
Alors que le Kremlin semble avoir décidé d'ériger Alexander Vlasenkov en héros, le média The Insider révèle que ce dernier se trouvait en réalité inscrit sur un registre spécial du ministère de l'Intérieur pour pédophilie. Il était parti combattre en Ukraine afin d'échapper à la surveillance policière et à des dettes colossales.
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De son vivant, Alexander Vlasenkov était champion du monde et champion de Russie junior de combat rapproché. Il avait cependant contracté des prêts à son nom pour un montant de 500.000 roubles (environ 5.000 euros) entre 2019 et 2021, avant d'emprunter près de 400.000 roubles supplémentaires (4.000 euros) en utilisant le passeport de sa grand-mère. Incapable de les rembourser, l'homme avait dès lors passé un an à échapper aux huissiers et aux sociétés de recouvrement.
À cette époque, des policiers rendaient cependant régulièrement visite à Vlasenkov, car ce dernier était également fiché au ministère de l'Intérieur russe pour pédophilie. Une inscription remontant à son passage à l'université de Saint-Pétersbourg, où il avait tenté de violer un garçon de 13 ans avant d'être mis en fuite par des passants. Si Vlasenkov avait alors été expulsé, l'université avait fait en sorte d'étouffer l'affaire. Son service militaire obligatoire dans les forces de défense aérienne lui a permis d'éviter la prison.
La propagande au service de la guerre
En 2019, à son retour du service militaire, Vlasenkov a tenté de devenir entraîneur à Irkoutsk, mais la police a rapidement révélé à l'école qui l'employait son statut de pédocriminel. Il est alors revenu dans son village natal de Chim, en République des Komis, où il a travaillé comme électricien et donné, occasionnellement, des stages de combat rapproché.
En 2022, écrasé par le poids de ses dettes et craignant que le policier local qui le surveillait ne révèle son passé, Vlasenkov s'est rendu à Moscou pour réclamer l'aide de la Fédération internationale de combat rapproché (IHCF). Alexandre Matovnikov, président du conseil de surveillance de la fédération et ancien membre de la sécurité rapprochée du président russe Vladimir Poutine, lui conseille alors de s'engager dans «l'opération spéciale» en Ukraine.
L'histoire de Vlasenkov aurait pu passer inaperçue. C'était sans compter sur le fait qu'après le début catastrophique de cette «opération militaire spéciale», la propagande du Kremlin avait besoin de héros, et Vlasenkov correspondait parfaitement à ce profil: un jeune homme de province, quasiment orphelin, athlète et champion. Et c'est Alexandre Matovnikov, alors commandant en chef adjoint des forces terrestres russes, qui a mené la campagne visant à redorer son image par le biais du service de presse du ministère de la Défense, des médias pro-Kremlin et des blogueurs.
Le 22 octobre 2022, un mois et demi après la mort de Vlasenkov, Vladimir Poutine promulguait un décret lui décernant à titre posthume le titre de «Héros de la Russie». Un monument à sa gloire a ensuite été érigé dans sa ville natale et, dans son ancien lycée, un musée retrace son parcours. En décembre 2022, la chaîne de télévision républicaine Komi a diffusé quant à elle un documentaire intitulé Le dernier combat d'Alexander Vlasenkov, réalisé dans le style des films de propagande soviétiques et passant sous silence le fait que Vlasenkov s'était enfui au front pour échapper à la police. Un film dans lequel on peut entendre qu'Alexander Vlasenkov «n'a jamais eu peur d'assumer ses responsabilités»…





























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