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Il y a dix ans, cela aurait encore fait la Une de la presse. En 2026, ce n'est plus qu'une information collatérale sur les spéculations de collusion avec la Russie, au début du premier mandat de Donald Trump. Le président des États-Unis n'en démord pas : durant les premiers mois de 2017, James Comey, alors directeur de la police fédérale (FBI) et un soi-disant "État profond" ont cherché à lui nuire.
Le directeur du FBI cherchait à déterminer si la Russie avait joué un rôle dans la campagne présidentielle de 2016. L'enquête portait sur de possibles relations entre des officiels russes à Washington et certains membres de l'équipe de campagne du milliardaire. Ces dernières semaines, la Maison-Blanche a rendu publics de rapports confidentiels, censés appuyer la version de Donald Trump.
Le rôle de Rod Rosenstein
Les documents, selon le New York Times, révèlent pourtant comment a été occultée une part de l'enquête du FBI. Ils complètent, aussi, le rôle joué par Rod Rosenstein, adjoint du ministre de la Justice Jeff Sessions. Deux semaines après la confirmation de sa nomination par le Congrès, le 25 avril 2017, Rosenstein rencontre Donald Trump à la Maison-Blanche, en compagnie de Jeff Sessions, pour une conversation qui porte sur James Comey.
"Cela me donne des frissons dans le dos": des avocats d'affaires intentent des actions contre les décrets de Donald TrumpDans la foulée, le n°2 du ministère de la Justice livre un réquisitoire contre la gestion par le directeur du FBI de l'enquête conduite en 2015 et 2016 sur les e-mails d'Hillary Clinton (qui a utilisé un serveur de messagerie privé quand elle était la secrétaire d'État de Barack Obama, entre 2009 et 2013).
Comey limogé, Jeff Sessions se récuse pour la supervision de la poursuite des enquêtes. La tourmente médiatique du "Russiagate", en ce mois de mai 2017, rappelle fugacement les heures sombres du scandale du Watergate, qui avait entraîné la démission du président Richard Nixon, en août 1974.
Les conséquences d'une preuve d'indépendance
Un éditorial du New York Times invite Rod Rosenstein à faire preuve d'indépendance en confiant l'enquête, potentiellement explosive, à un procureur spécial. L'adjoint du ministre de la Justice nomme un ancien directeur du FBI, Robert Mueller, sous l'autorité duquel il a naguère travaillé.
Pourquoi le candidat pour diriger le FBI a reçu 25 000 dollars par un cinéaste russe proche du Kremlin ?Ce que l'on n'a pas su, à l'époque, souligne aujourd'hui le New York Times, c'est que Rosenstein a clairement fait savoir à Mueller qu'il ne souhaitait pas d'une enquête interminable. Le procureur spécial a donc circonscrit son enquête aux seules infractions criminelles, négligeant l'enquête de contre-espionnage.
Le rapport Mueller, livré début 2019, conclut que l'enquête n'a révélé aucune collusion entre Donald Trump, et son équipe de campagne d'une part, et les Russes d'autre part. Le procureur spécial s'est abstenu de toute conclusion sur la question de savoir si le Président avait fait obstruction à la justice. Et son rapport n'évoquait en rien les liens supposés de Donald Trump avec la Russie.
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