Vous connaissez peut-être cette anecdote du Livre des Juges, qui prend place lors de la guerre qui opposa deux tribus d’Israël – les Guiléadites et les Ephraïmites. Dans la confusion des combats, les Guiléadites, en passe d’emporter la victoire, craignent de ne plus pouvoir distinguer leurs ennemis de leurs congénères. C’est alors qu’ils se souviennent que le dialecte des Ephraïmites, différent du leur, ne connaît pas le son «ch» (comme dans la lettre hébraïque shin). C’est le début d’un stratagème, qu’on pourrait appeler le «coup du Shibboleth» («épi», ou «branche», en hébreu). Face à un supposé Ephraïmite, les Guiléadites «[…] demandaient: «Es-tu d’Ephraïm?» S’il répondait: «Non», ils lui disaient: «Eh bien, dis: Shibboleth!» Lui prononçait: «Sibboleth», car il n’arrivait pas à dire le mot correctement. Alors, on le saisissait et on l’égorgeait […]» (Jg, 12, 5-6).
On le voit, l’imbroglio linguistique peut avoir des conséquences funestes. Le contraire se vérifie aussi. Nous sommes en 1975, au King’s College de Londres: deux chimistes, Leslie Hough et Shashikant Phadnis, travaillent à la mise au point de nouveaux insecticides. Durant l’une de leurs expériences, ils font tomber, goutte à goutte, du chlorure de sulfuryle (SO


1 month_ago
37






















.jpg)






French (CA)