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Quand des travailleurs miniers se demandent s'ils ont encore les moyens d’aller chasser, c'est que le coût de la vie a frappé fort. Sans faire grand bruit, le Parti conservateur du Québec (PCQ) a profité de cette anxiété économique pour bousculer la carte électorale en Abitibi-Témiscamingue. Retour sur une percée inattendue.
Deuxième dans Abitibi-Est et Abitibi-Ouest, la formation politique a failli coiffer la Coalition avenir Québec (CAQ) dans Rouyn-Noranda–Témiscamingue, ne concédant la deuxième place que par 117 voix.
Des deux côtés de la route 117, à Val-d’Or comme à Rouyn-Noranda, les candidats conservateurs expliquent les résultats de lundi soir par l’inflation et le coût de la vie, sans oublier la promesse de baisser les taxes et les impôts.
Le candidat Jean-Philip Girard, 37 ans, observe cette réalité de près dans Abitibi-Est, même si le secteur minier y offre habituellement de bons salaires.

Jean-Philip Girard a été le candidat du Parti conservateur du Québec en Abitibi-Est. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Vincent Danis
Depuis plusieurs années, on sent que le niveau de vie descend, descend puis descend. Quand j’entends des gens avec des emplois de 100 000 $ et plus se demander s’ils ont les moyens d’aller à la chasse, je pense que le coût de la vie a vraiment frappé en Abitibi. Je pense que les gens ont besoin de changement. On veut avoir plus d’argent dans nos poches, lance-t-il.
Je pense que les gens sont plus conservateurs que ce qu’on aurait pu croire. Je suis vraiment content et fier d’avoir pu offrir la chance aux gens de s’exprimer dans ce sens-là.
Francis Lapointe, qui a fait campagne dans Rouyn-Noranda–Témiscamingue, renchérit : la plateforme du PCQ commence à séduire la population, en particulier ses engagements à réduire les taxes dans ce contexte inflationniste.
La séduction du « moins d'État »

Francis Lapointe a représenté le Parti conservateur du Québec dans Rouyn-Noranda–Témiscamingue. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Jessica Lesage
Comment expliquer qu'un tel message résonne autant? Préoccupée par ces résultats, l'ancienne députée solidaire, Émilise Lessard-Therrien, évoque des tendances nationales, exacerbées par les politiques d'austérité et de rigueur budgétaire de la dernière décennie.
Je comprends monsieur et madame Tout-le-Monde de sentir qu’ils ne sont pas véritablement bien servis par l’État québécois, analyse-t-elle à l’émission Des matins en or. Quand il y a une option qui arrive et qui dit : ''On va faire moins d’État et mettre plus de pouvoir dans vos main'', j’arrive à comprendre que ça puisse être séduisant pour certains électeurs.
Elle nuance toutefois l'attrait de cette vision. Je pense que ça ne reste pas la voie à suivre, parce qu’on est beaucoup plus forts collectivement.
Calculs stratégiques
Avec un Parti québécois désormais au pouvoir de façon minoritaire, l'heure est aux calculs stratégiques. Francis Lapointe espère que les conservateurs réussiront à faire entendre leurs idées à l'Assemblée nationale.
Il faut qu’ils comprennent pourquoi le monde a voté conservateur. J’espère qu’ils vont gouverner avec l’aide du PCQ et que le parti va réussir à faire passer certaines affaires qu'il voulait, souhaite-t-il.
Réjouis par la réponse des électeurs, les deux candidats, toujours en réflexion, n'excluent pas de se présenter à nouveau aux prochaines élections et de rester en politique active.


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