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Comment cette ville colombienne a résisté au tremblement de terre du 10 août

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En janvier 1999, un séisme meurtrier a ravagé l'ouest de la Colombie, faisant près de 1.200 morts. Plus de 60% des bâtiments d'Armenia, capitale du département du Quindío, ont été détruits. Vingt-six ans de reconstruction et de prévention ont depuis profondément transformé la ville. Après le tremblement de terre d'une magnitude 7,4 qui a frappé le pays lundi 10 août à 7h34 locales, aucun mort n'a été recensé à Armenia. Les mesures prises pour limiter l'impact des catastrophes naturelles semblent avoir porté leurs fruits.

Humberto Reyes était sur le point de partir travailler quand la terre s'est mise à trembler. Ce professeur d'université de 70 ans s'est immédiatement souvenu du traumatisme de 1999. Puis il a pensé aux exercices de préparation que sa ville organise au moins deux fois par an depuis le séisme. Sa femme s'est cachée à côté du lit, tandis que lui s'est calé contre le réfrigérateur, rapporte le Washington Post.

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Le séisme qui a frappé la côte pacifique de la Colombie a provoqué l'effondrement de multiples bâtiments dans l'ouest du pays. Dimanche 16 août, le bilan s'élevait à près de 300 morts et 4.000 blessés. Il devrait encore s'alourdir à mesure que les secouristes fouillent les décombres. Selon le service géologique colombien (SGC), il s'agit du tremblement de terre le plus violent du XXIᵉ siècle dans le pays.

À Armenia, à 69 kilomètres de l'épicentre, aucune opération de secours n'est en cours. Dans cette ville de la région caféière colombienne, aucun bâtiment ne s'est effondré et personne n'a perdu la vie. À titre de comparaison, des dizaines de morts ont été enregistrés dans les villes voisines de Pereira et Manizales.

L'exemple de la Cité miracle

La «Cité miracle», comme l'appellent les Colombiens, a bénéficié d'une reconstruction particulièrement minutieuse après la catastrophe de 1999. «Nous nous sommes préparés. Nous avons renforcé nos systèmes de secours et de sauvetage, a déclaré le maire James Padilla. Ce sont tous ces exercices menés ces dernières années qui ont fait d'Armenia une ville résistante aux séismes.» L'ingénieur et spécialiste des risques sismiques Omar Cardona ajoute que «le séisme de 1999 a détruit tous les bâtiments les plus anciens et les plus mal construits. Armenia ne dispose plus des vieilles constructions que d'autres villes avaient encore.»

Pour piloter la reconstruction, la Colombie a créé en 1999 un fonds d'un milliard de dollars (environ 860 millions d'euros) destiné à reconstruire la région de la ceinture du café. Armenia a alors été divisée en quinze zones en fonction des dégâts et de la géographie. Chacune d'elles a été confiée à une organisation non gouvernementale, composée d'urbanistes, de travailleurs sociaux, d'ingénieurs et de sismologues. Objectif: évaluer les dégâts, concevoir des projets de reconstruction, puis mobiliser le budget à disposition.

Trois mesures de reconstruction sécuritaires essentielles

Selon Jahir Rodríguez, qui était secrétaire à l'urbanisme d'Armenia et dirigeait son bureau de gestion des catastrophes à l'époque, trois mesures prises par la ville se sont avérées particulièrement utiles lors du séisme de ce mois d'août. Les travaux ont été effectués selon une «microzonification», qui consiste à cartographier la manière dont les sols réagissent sismiquement, afin d'adapter l'urbanisme en conséquence. La Cité miracle a également interdit toute nouvelle construction sur des sols susceptibles d'amplifier les secousses. Enfin, le respect strict des normes de construction a certainement contribué à limiter les dégâts.

Le code sismique national colombien, mis à jour pour la dernière fois en 2010, a pour objectif d'empêcher l'effondrement des bâtiments et de protéger les vies humaines. En suivant ces normes, une secousse mineure ne devrait pas endommager le bâti. Une secousse violente peut entraîner des dommages, sans toutefois provoquer d'effondrements d'immeubles.

Selon les experts, le problème réside dans l'application de ces réglementations, en particulier pour les constructions informelles. Les ingénieurs rognent sur les coûts, «parfois avec la complicité de l'administration publique qui valide les travaux», regrette Jahir Rodríguez. Au lendemain du séisme du 10 août, il a examiné les ruines d'un bâtiment construit un an plus tôt à Pereira. Alors que tout le monde le croyait en briques, il était en réalité en plâtre.

À Bogota, environ 70% des constructions sont informelles. Survivre à un tremblement de terre «n'est pas qu'une question de chance, précise Omar Cardona. C'est une question d'ingénierie et de science. Il existe un moyen de rendre les bâtiments plus résistants, quelle que soit l'intensité effroyable du séisme.»

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