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« Comme un joueur de la Masía » : la victoire canadienne vue de l’étranger

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Si la presse étrangère souhaitait parler d’un résultat de la Coupe du monde en ce lundi matin, elle n’avait pas vraiment d’autre choix que de parler du Canada.

Les trois matchs éliminatoires de lundi, il faut le dire, occupent généralement une place plus importante dans les journaux d’ailleurs que la victoire de 1-0 des Rouges contre les Sud-Africains. L’exception, bien sûr, est en Afrique du Sud.

On y aborde la défaite des Bafana Bafana, sortis de leur groupe pour la première fois au Mondial, avec une fierté empreinte de lucidité. News24, publication sœur du tabloïd Daily Sun, souligne le progrès de la sélection nationale, mais évoque quelques regrets en parlant du sélectionneur Hugo Broos.

Le Belge, affirme News24, a agi comme un père qui a fait rouler son fils avec ses petites roues d’apprentissage pendant que les autres enfants faisaient étalage de leurs habiletés.

Les Sud-Africains allaient attirer les Canadiens vers eux en construisant le jeu de derrière, en s’appuyant sur les aptitudes du gardien Ronwen Williams avec le ballon. Ce dont il se sert pour forcer la pression de l’adversaire et, ensuite, projeter les ailiers rapides vers l’avant. Les Canadiens s’attendaient à tout ça, peut-on encore lire. Ils n’ont pas pris la peine de presser Williams. […] La stratégie canadienne a transformé l’une des meilleures armes des Bafana Bafana en pistolet jouet.

Le média électronique The South African tombe moins dans la métaphore. Il déplore que l’équipe nationale a été incapable d’embêter une équipe canadienne moyenne.

Les Bafana Bafana avaient encore adopté une approche prudente contre les Mexicains, qui les ont punis. En revanche, ils ont joué leur meilleur football quand ils devaient courir après un résultat, particulièrement en deuxième mi-temps contre la Tchéquie ou dans leur victoire contre la Corée du Sud.

Des joueurs en jaune montrent un air déçu.

Les Sud-Africains participaient à un premier match éliminatoire à la Coupe du monde masculine.

Photo : Getty Images / Fran Santiago

Ces doléances sont validées à Londres, où le balado World Cup Daily du quotidien The Guardian ouvre sa nouvelle édition avec une analyse de l’unique match au programme de dimanche.

J’étais convaincu que ça se terminerait aux tirs au but, affirme le journaliste du Guardian Barry Glendenning. Je crois que c’est ce que visait l’Afrique du Sud. Les Canadiens formaient la seule équipe qui tentait de gagner le match. Ils auraient dû gagner de manière plus large. Ils ont raté d’excellentes occasions en première mi-temps.

Sur le continent, Stephen Eustáquio retient logiquement l’attention. À tout seigneur, tout honneur, le quotidien portugais A Bola, qui aime donner des notes sur 10 aux joueurs, comme bien des journaux sportifs, accorde un 8 à Eustáquio en soulignant, et c’est de bonne guerre, que c’est un joueur luso-canadien qui a été le meilleur sur le terrain, et avant même son but décisif.

Il aurait pu être le meilleur en raison de sa présence et de son leadership dans le milieu de terrain canadien, peut-on lire. Il aurait aussi pu l’être en raison des deux passes décisives qu’il aurait pu avoir récoltées avant la pause, pour [Moïse] Bombito et [Derek] Cornelius. […] Il fallait qu’il soit nommé le meilleur joueur du match.

En France, L’Équipe raffole aussi des notes. Le quotidien accorde un 7/10, la plus haute note du jour, à Eustáquio, mais également au gardien sud-africain Ronwen Williams, auteur de cinq arrêts.

Le Canada n’a pas boudé son plaisir à Los Angeles, écrit le correspondant. L’attente a été longue, presque autant que le déplacement, le scénario hollywoodien épuisant, mais la délivrance n’en a été que plus belle.

Il prend un tir de loin.

Stephen Eustáquio donne la victoire au Canada.

Photo : Getty Images / Harry How

Dans le sud, Marca (Espagne) et la Gazzetta dello Sport (Italie) partagent le thème du mur sud-africain abattu en fin de rencontre.

La Gazzetta, on le comprend, aurait aussi aimé voir une équipe de l’Afrique du Sud avec plus d’initiative : Les Canadiens ont mérité leur qualification pour les huitièmes de finale du Mondial américain : ils s’y sont accrochés en battant une autre équipe débutante à ce stade de la compétition, une Afrique du Sud trop soumise et prisonnière de ses propres peurs.

Dans Marca, c’est tout naturel, on rappelle qu’un but d’Eustáquio pour le FC Porto, en 2022, avait confirmé l’élimination de l’Atlético de Madrid en phase de groupe de la Ligue des champions.

Le quotidien madrilène cite par ailleurs l’entraîneur Vítor Severino, qui a croisé Eustáquio à Chaves, au Portugal, et le compare à un joueur typique de la Masía, le centre de formation du FC Barcelone.

C’est un joueur très intelligent, toujours à la recherche de précision. Son placement et sa prise de décision sont toujours justes, et c’est un grand passeur. Il comprend très bien le soccer et il apprécie son aspect esthétique : il aime bien jouer et avoir le ballon.

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