Festival d’Avignon, été de l’an 2000. La grand-messe du spectacle vivant démarre dans une ambiance euphorique. Symboliquement, l’humanité a basculé dans le troisième millénaire, promesse d’espoir, de prospérité et de modernité. Le bug informatique qui devait bloquer la planète entière n’a pas eu lieu. La fin du monde non plus. Cela tombe bien: Avignon a été intronisée Capitale européenne de la culture de l’année. Jeune créateur de mode, Nicolas Ghesquière, 29 ans, a fait le voyage depuis Paris. C’est sa première fois au festival, et il veut voir l’exposition dont tout le monde parle. Une vaste réflexion sur la quête de la beauté, avec des œuvres d’artistes aussi renommés que le plasticien Christian Boltanski et le vidéaste Bill Viola. L’événement se tient au Palais des Papes, haut lieu de la chrétienté occidentale au XIVe siècle, l’un des monuments les plus visités en France.
Féru d’architecture, le designer est «captivé» par cette forteresse d’apparence austère, joyau du style gothique classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Le contraste avec l’avant-garde artistique qui s’y expose le «bouleverse». «J’ai compris qu’on pouvait se projeter dans le futur tout en intégrant de fortes références du passé. Ça a constitué un tournant dans mon esthétique», raconte Nicolas Ghesquière, connu et reconnu pour ses silhouettes modernes convoquant le classique et l’expérimental.


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