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Cohabiter avec les ours noirs au parc national Elk Island

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Depuis cinq ans, Parcs Canada mène une étude sur le comportement des ours noirs et leur impact sur l’écosystème au parc national Elk Island, à l’est d’Edmonton, depuis que leur population a augmenté progressivement.

Nous voulons promouvoir la coexistence et voir comment la réintroduction de ces carnivores peut enrichir nos connaissances et notre capacité de cohabiter avec eux, explique Ramona Maraj, écologiste principale du parc auprès de Parcs Canada.

Depuis le début de l’étude, dit-elle, le comportement de ces animaux n’a pas été problématique.

On peut affirmer sans hésitation que la population [d’ours noirs] est en bonne santé.

Quatre ours sont autour d'une clôture.

Selon Sandra MacDougall, de Red Deer Polytechnic, les ours noirs sont des omnivores opportunistes, qui mangent principalement de la végétation.

Photo : Fournie par Friends of Elk Island Society

En revanche, l’impact des ours se fait déjà ressentir.

Ces dernières années, la population d’ongulés, de castors et de tiques commence à se stabiliser, un effet attribué aux ours noirs, selon Sandra MacDougall, professeure en biologie à Red Deer Polytechnic.

[Les ours] sont des omnivores opportunistes; ils mangent en quelque sorte ce qui est le plus facilement accessible à une certaine période de l'année et qui leur apportera le plus d'énergie, explique-t-elle.

Parcs Canada espère que les ours peuvent apporter une solution permanente à ces populations d’ongulés, de castors et de tiques qui sont trop élevées.

Mais à un moment donné, on souhaite que l’écosystème puisse fonctionner de manière autonome. C’est donc peut-être dans cette direction que les choses évolueront, affirme Ramona Maraj.

Nous espérons voir s’instaurer un équilibre plus sain.

Historique de l’expatriation des ours noirs

Pendant des décennies au 20e siècle, les ours noirs ont été chassés de la région centrale de l’Alberta, y compris près du parc national Elk Island, selon Parcs Canada et le gouvernement de l’Alberta.

Cette attitude a changé dans les années 1970, lorsque l'on a commencé à remarquer les avantages écologiques de laisser les ours noirs revenir dans leurs écosystèmes.

Ramona Maraj constate que les autorités et les scientifiques ont commencé à prendre conscience de la valeur et de l’importance de ces grands prédateurs et de ces écosystèmes et de tous les rôles écologiques qu’ils jouaient.

Aujourd'hui, la province estime qu’il y a 40 000 ours noirs en Alberta, et qu’ils ne sont plus classés à risque.

Un ours noir fixe du regard l'horizon.

Les ours noirs ne sont plus classés « à risque » en Alberta.

Photo : Radio-Canada / Amir Said/CBC

Conflits humains-ours noirs?

Parcs Canada affirme que d’autres outils, comme des clôtures électriques, permet de réduire les conflits entre les humains et les ours noirs, plutôt que de simplement leur tirer dessus comme première mesure.

En 2019, le gouvernement albertain a également publié son guide de réponse sur les ours noirs. Ce document classifie ces animaux selon leur âge, leur comportement et leurs antécédents de conflit, ce qui permet de déterminer si un ours sera relocalisé ou euthanasié.

Au parc national Elk Island, même si les incidents ont été minimes ces dernières années, Ramona Maraj reconnaît que le potentiel de conflit entre les humains et les ours noirs est beaucoup plus élevé.

Elle vise à donner accès à des mesures préventives aux résidents voisins du parc, telles que des clôtures électriques et des outils de gestion des attractifs.

Une structure au-dessus de l'autoroute.

L'un des passages pour animaux construits dans le parc national de Banff.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

En revanche, les humains ont aussi leur part de responsabilité dans le conflit.

Les collisions routières sont la cause majeure de mortalité chez les ours de la région.

C’est pourquoi le parc mène une étude de faisabilité de passages routiers entre les côtés nord et sud du parc, de part et d'autre de l’autoroute 16.

Nous allons nous pencher sur les points critiques prioritaires en matière de mortalité routière, puis nous examinerons peut-être ces structures de passage potentielles, explique l’écologiste.

Elle ajoute que ces passages pourraient ressembler à ceux du parc national Banff.

Erin Henderson, agente de gestion des ressources au parc national Elk Island, rappelle que les humains ne veulent pas côtoyer les ours et que les ours sont du même avis

Nous devons pouvoir cohabiter. C'est donc un aspect assez important de tout ce projet, explique-t-elle.

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